«La coutume pour l’épouse de porter le nom du mari, que les réformateurs du Code veulent rendre légale et que nous nous efforçons de faire disparaître, est relativement récente; les anciens ne la connaissaient pas.

«Les Gaulois, les Celtes, comme tous peuples primitifs de race Arienne n’avaient que des noms individuels.

«Ce ne fut que vers le Xe siècle que s’établit l’hérédité du nom qui fit dès lors partie du patrimoine familial.

En 1908, elle publia «Le Vote des Femmes». Elle donne l’historique du rôle politique des femmes à travers l’histoire et celui des femmes qui se sont dévouées, dans les temps plus près de nous, à l’obtention des droits civils et politiques pour leur sexe. Elle donne toutes les raisons qui doivent faire accorder le vote aux femmes: «Elles, qui seront l’élément moralisateur et économe de nos assemblées.»


Hubertine Auclert fut une fervente de la Vierge guerrière, Jeanne d’Arc, qui a illustré notre sexe, et en laquelle elle voyait la première féministe. Elle aurait voulu que les femmes lui montrassent leur admiration et leur reconnaissance. Dans ce but elle fit à la mairie du XIe, lieu de réunion du «Suffrage des Femmes», ce court résumé de la vie active de l’héroïne:

«Née à Domrémy en 1412, brûlée à Rouen en 1431, Jeanne d’Arc, vécut à une époque où l’intervention du surnaturel servait à tout expliquer.

«Il ne faut donc pas s’étonner que, quand émue par la mise à feu et à sang de la France par les Anglais, Jeanne eut l’idée sublime de chasser de son pays les envahisseurs. Elle attribuait à un appel d’en haut, qu’elle prit pour des voix, les incitations de son âme héroïque.

«Sa volonté obstinée transforma la petite paysanne de 17 ans, qui ne savait ni lire ni écrire, en une guerrière de fière allure, en un chef de guerre expérimenté, poussant des attaques, disposant les pièces d’artillerie comme un grand capitaine, faisant preuve d’un génie militaire. Il eût été loué comme celui de Napoléon, si Jeanne, au lieu d’être femme, avait été un homme.

«La délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc, sa campagne de la Loire, sa marche sur Reims parurent si prodigieuses aux Anglais, qu’ils nommèrent notre surhumaine compatriote, un instrument de Dieu ou du Diable.