«Citoyens, qui voulez assurer la représentation de la minorité des Electeurs, vous ne pouvez pas laisser sans Représentants au parlement, la majorité de la nation formée des Femmes.

«Les Françaises et les Français qui subissent les mêmes lois, qui supportent les mêmes charges, sont à titre égal, des ayants-droit à sauvegarder leurs intérêts, en votant et en légiférant.

«C’est au détriment de toute la nation, que les femmes prévoyantes et économes sont exclues du gouvernement du pays; car en supprimant le gaspillage, elles feraient instaurer dans l’Etat, le bien-être qu’elles savent entretenir dans la maison.

«Electeurs, si vous voulez précipiter la marche du progrès, agissez en souverains équitables, donnez vos voix à des Féministes qui luttent pour compléter l’affranchissement humain.

«Pour vous représenter dans la 2e, la 1re, la 3e circonscription du XIe arrondissement, envoyez à la Chambre les candidates:

«Hubertine Auclert, Gabrielle Chapuis, Renée Mortier.

«Vous êtes souverains, votre volonté a force de loi. Assurez l’élection de ces trois candidates en leur donnant vos votes et vous ferez commencer en France l’ère de Justice que tout le monde attend.»

Des électeurs répondirent à l’appel des Femmes. Hubertine Auclert obtint 590 voix, Renée Mortier 200, Mme Gabrielle Chapuis étant tombée malade n’avait pu soutenir sa candidature.


Les élections municipales de 1908 lui permirent de faire une manifestation, qui fut un vrai sacrifice à sa cause, car elle était aussi timide de caractère qu’audacieuse de pensée. «Désespérée, a-t-elle dit, de ne point voir aboutir mes efforts légaux, je pensais que les hommes avaient fait des barricades pour pouvoir voter, et bien que très ennemie de la violence, je culbutai l’urne électorale à la section de la mairie du 4e arrondissement», ce qui lui valut d’être condamnée à 16 francs d’amende avec sursis.