Aux élections municipales de 1912 les femmes ne se présentèrent pas. Elles firent apposer des affiches dans tous les quartiers:

Celles de la Société du «Suffrage des femmes» préconisaient la gestion de la commune par les hommes et les femmes qui apporteraient au bien commun leurs qualités particulières.

«Nous réclamons l’électorat et l’éligibilité pour les femmes, parce que ce ne sera que quand les femmes voteront et seront élues, que le Conseil Municipal sera l’image exacte de Paris où il y a actuellement 173.000 femmes de plus que d’hommes.

«Nous réclamons l’électorat et l’éligibilité pour les femmes parce que la France ne sera bien administrée que quand les hommes et les femmes apporteront dans la gestion de leur bien commun, chacun leurs qualités particulières.

«Le renchérissement rend urgent de faire s’appliquer tout l’effort humain à l’administration publique, les hommes ne pouvant pas plus dans la commune que dans la maison, organiser, sans le concours des femmes, le bien être.

«Les Parisiens et les Parisiennes qui subissent les mêmes lois, qui supportent les mêmes charges sont à titre égal des ayants-droit à sauvegarder leurs intérêts à l’Hôtel-de-Ville. C’est au détriment de tous les habitants que les femmes prévoyantes et économes ne voteront ni ne seront élues le 5 mai.

«Les Conseillers Municipaux qui ont des attributions masculines et féminines, ne peuvent à la fois être hommes et femmes. L’absence de sollicitude maternelle laisse en la capitale du monde des enfants nombreux sans logement.

«Si les femmes participaient à l’administration de la Ville de Paris, les constructeurs seraient obligés de tenir compte des besoins de la population peu fortunée; ils devraient édifier cinq maisons à petits loyers, pour une maison à gros loyer.

«L’administration des hommes et des femmes ferait s’établir la vie à bas prix. En supprimant les octrois, elle épargnerait de l’argent, car l’impôt perçu sur l’estomac des parisiens est plus que dépensé en journées d’hôpital, (l’alimentation insuffisante prédisposant aux maladies).

«Les femmes qui savent augmenter la valeur d’emploi de l’argent amélioreraient immédiatement l’existence matérielle des habitants et elles donneraient à chacun la sécurité du lendemain.