Mais, pour accomplir ce sauvetage et cette rédemption, il faut aux femmes le pouvoir qu’ont les hommes: le droit de vote.
Si Jeanne d’Arc n’avait pas été armée, harnachée et hissée sur un cheval, elle n’aurait jamais pu vaincre les Anglais. Si les femmes n’étaient pas élevées à la dignité de citoyennes et armées du bulletin de vote, elles ne pourraient vaincre les injustices criantes et les haines féroces qui menacent de faire disparaître l’espèce humaine dans un formidable choc.
Quelques hommes savent bien qu’ils sont impuissants à changer la situation actuelle, mais il veulent, quand même, garder leur position. Périsse, s’écrient-ils, périsse la France plutôt que la domination masculine! Hâtons-nous de dire que cet égoïsme est le fait du petit nombre. Avant peu la majorité des électeurs aura le patriotisme de déclarer, tout haut, ce qu’elle pense tout bas, à savoir:
Que rien ne va dans le monde, si la femme n’y met la main, et que, puisque les hommes ne savent plus comment faire, ils doivent cesser d’exercer, seuls, la maîtrise; laisser agir les femmes, car les femmes sur lesquelles ils se reposent, de tout, dans la maison trouveront certainement le moyen de tirer l’Etat d’embarras.
III
Enquête sur la représentation des Femmes au Parlement
«Pourquoi les femmes ne seraient-elles pas aussi capables que les hommes de s’occuper de politique! Elles sont tout aussi intelligentes qu’eux.»
M. Thomas.
Au conseil général de la Seine.
J’ai cru qu’il serait intéressant de savoir ce que pensent de l’affranchissement politique des Françaises les sénateurs, les députés, les princes des lettres, et j’ai prié des législateurs distingués, des écrivains aimés du public de vouloir bien donner leur avis sur la représentation des femmes au Parlement.
M. Paul Margueritte, le célèbre écrivain, dont l’art parvient à faire envisager par les cerveaux rétifs les grands problèmes, écrit: