Au Congrès international des Droits de la Femme en 1878, elle ne put prononcer son discours sur le droit politique des femmes, Léon Richer et Maria Deraismes l’ayant trouvé trop révolutionnaire. Elle le fit imprimer[2].
Dans ce discours, elle établit nettement le but qu’elle poursuit: demander entièrement tous les droits pour les femmes.
«Dans notre revendication du droit des femmes, il importe de ne pas déroger au principe, il importe de ne pas biaiser, d’aller droit au but. Et serions-nous capables d’aider les femmes à s’affranchir, si nous, qui avons pris leur cause en mains, nous leur contestions une partie de leurs droits. C’est contester un droit que de ne pas oser l’affirmer. Que pourraient penser les oppresseurs des femmes, si ceux qui veulent les délivrer du joug se préoccupaient surtout de ne pas froisser leurs oppresseurs et demandaient timidement pour elles un peu plus d’instruction, un peu plus de pain, un peu moins d’humiliations dans le mariage et de difficultés dans la vie.»
Elle a confiance dans les qualités de la femme:
«Dans les réformes sociales que le progrès exige, le concours de la femme serait d’un prix inestimable. Aidée de l’homme, elle saurait mettre assez de bonté, assez d’humanité dans le détail des arrangements sociaux pour prévenir ce que l’excès de la souffrance amène: les révoltes, les révolutions».
En 1879 déléguée au Congrès socialiste de Marseille qui avait à l’ordre du jour de sa première séance, la question de la femme:
«Je fis un discours sur l’égalité sociale et politique de la femme et de l’homme[3], qui obtint un véritable succès; toute la presse me loua de poser la question comme elle devait l’être. Le président de la séance me vota des remerciements, et le lendemain je fus chargée de diriger les travaux du congrès en qualité de présidente. Nommée rapporteur de la commission sur la question de la femme, je parvins à force de ténacité, à faire émettre un vœu en faveur de l’affranchissement complet de la femme, qui depuis lors, figure dans le programme des travailleurs socialistes de France dans la forme suivante: Egalité sociale et politique de la femme.»
Pour montrer que l’égalité politique et civile des femmes pouvait tout naturellement devenir une réalité, Hubertine Auclert et les sociétaires du «Droit des Femmes», tentèrent de se faire inscrire sur les listes électorales. On leur refusa cette inscription. Elles portèrent la question devant le Conseil de Préfecture et Hubertine Auclert alla plaider elle-même la revendication de ce droit devant le Conseil d’Etat. La Cour de cassation s’en référa à la Constitution de 1791 pour refuser.
En 1880 elle refusa de payer ses impôts: «parce que les femmes ne devaient pas payer les contributions, puisqu’elles n’étaient pas admises à contrôler l’emploi de leur argent.» Ce qui lui valut la saisie de ses meubles.