Après ces usages qui se retirent de ce Traité, j'exhorte sérieusement tous les Chrétiens à cette concorde mutuelle que Jésus-Christ recommanda si fortement aux siens un peu avant que de les quiter. Qu'ils considérent donc qu'il ne doit pas y avoir parmi eux plusieurs Docteurs, & qu'ils n'en ont qu'un, qui est Jésus-Christ, au seul nom de qui ils ont tous été batisez; qu'ainsi l'on ne devroit pas voir parmi eux cette diversité de Sectes, & cette désunion, qui sont si contraires à l'Evangile; & qu'il est tems de travailler à y aporter du reméde. Pour le faire avec succès, ils doivent toûjours avoir devant les yeux ces belles paroles des Apôtres: qu'il faut être sage avec sobriété, & selon la mesure de la connoissance que Dieu a distribuée à chacun de nous: que s'il y en a de moins éclairez, on doit suporter leur foiblesse & les engager par cette modération à se réünir avec nous, à entretenir la paix, & à bannir toutes disputes: qu'il est juste, d'ailleurs, que ceux qui excellent en lumiéres & en connoissance, excellent aussi en charité: qu'à l'égard de ceux qui sont dans quelque erreur, il faut atendre que Dieu leur découvre les véritez qu'ils ignorent: que jusqu'à ce que cela arrive, on doit retenir les Articles dont on convient, & y conformer sa vie: que maintenant nous ne connoissons qu'en partie, & qu'un tems viendra que nous connoîtrons toutes choses avec évidence & avec certitude.

Je prie aussi chaque Chrétien en particulier, qu'il ne garde pas inutilement le talent qui lui a été confié: qu'il travaille de toutes ses forces à gagner des ames à Jésus-Christ: qu'il employe à ce dessein, non seulement des discours salutaires & pieux, mais la pureté & la sainteté d'une vie exemplaire, afin de donner lieu aux Etrangers de juger de la bonté du Maître par celle des serviteurs, & de la pureté de ses Loix par celle de leurs actions.

Je finis en priant ceux pour qui j'ai dit dès l'entrée que j'ai composé cet Ouvrage, que s'ils y trouvent quelque chose de bon, ils en rendent graces à Dieu, & que s'il y a des choses qui ne soient pas de leur goût, ils veuillent bien avoir quelque égard, tant à la condition ordinaire des hommes, qui naturellement sont fort sujets à se tromper, qu'au lieu & au tems auquel ce Livre a été écrit, & qui ne m'a pas permis d'y aporter toute l'exactitude dont j'aurois été capable dans une plus heureuse conjoncture.

DU CHOIX

Qu'on doit faire entre les divers
Sentimens qui partagent les
CHRÉTIENS

par Mr. LE CLERC.

§ I.

u'on doit examiner qui sont ceux d'entre tous les Chrétiens, qui suivent aujourd'hui la Doctrine la plus pure de Jésus-Christ.