Note 37:[ (retour) ] Abydène d'Assyrie. Voici le passage, cité par Eusebe, Prépar. liv. IX. & par Cyrille contre Julien, liv. II. «Entre ceux qui leur succédérent fut Sisithrus. Saturne lui ayant prédit que le I du mois de Désius, il y auroit une pluye extrémement grande & forte, & donné ordre de cacher à Héliopolis[AB] ville de Sippares, tout ce qu'il pourroit ramasser d'écrits, il obéit à ce commandement, s'embarqua pour l'Arménie, & incontinent après il vit l'éfet de cette prédiction. Le troisième jour la tempête ayant cessé, il lâcha des oiseaux; pour voir s'ils pourroient découvrir quelque endroit de la Terre qui ne fût pas couvert d'eau. Mais ces oiseaux ne trouvant par tout qu'une vaste mer, & ne voyant pas où se reposer, retournérent à Sisithrus. Il en laissa encore sortir d'autres, mais avec aussi peu de succès, si ce n'est qu'ils revinrent les ailes pleines de boue. A peine en eut-il lâché d'autres pour la troisième fois, que les Dieux le retirérent du Monde. Le vaisseau aborda en Arménie; & les habitans du païs se servirent du bois dont il étoit bâti comme d'un préservatif». Alexandre Plyhistor cité par Cyrille dit «qu'après la mort d'Otyarre, son fils Xisuthrus lui succéda & regna 18 ans; que de son tems il y eut un grand déluge, dont ce Roi s'étoit sauvé en obéissant à l'ordre que Saturne lui donna de faire une Arche, & d'y entrer avec des animaux de toute espéce.» Il faut remarquer ici que le nom de Sisithrus, aussi bien que celui d'Ogygès & de Deucalion, signifie en d'autres langues ce que le mot de Noé signifie en Hebreu, c'est à dire; repos. Eusébe nous aprend qu'Alexandre Poyhistor, qui écrivoit en Grec, appelle Isaac, γέλως, gelôs c'est à dire ris, ce qui est le sens du mot Isaac. Les Histoires sont pleines d'exemples de ces sortes de changemens. A l'égard du mon de Saturne, il est donné à Dieu dans ces passages, ou parce que les Assyriens nommoient le Dieu souverain, du nom de la plus haute des 7. Planétes, our parce que le mot Syriaque איל El, signifiant & Dieu & Saturne, les Grecs n'ont pris que la dernière de ces deux significations. Jusques-là tout se raporte assez bien à l'Histoire sainte. Mais il faut de plus savoir, que dans la Tradition des Egyptiens, ce Déluge de Deucalion a été universel. Diodore liv. I. & que Pline liv. III. ch. 14. dit que l'Italie même n'en avoit pas été exemte.

Note AB:[ (retour) ] Dans Prolomée Sippare est une ville de Mesopotamie. Selon le texte d'Abydène, ce doit être un Peuple.

Note 38:[ (retour) ] Et Plutarque même &c. Voici ses paroles. On dit que Deucalion lâcha hors de l'Arche un pigeon, qui, tant qu'il revint lui fit connoître par là que la tempête duroit encore, & lors qu'il ne revint plus, lui fit juger qu'elle étoit passée.

Note 39:[ (retour) ] Lucien dit que dans une ville &c. C'est dans la Déesse de Syrie.[AC] «La plus commune opinion, dit-il, est que Deucalion est le fondateur du Temple de cette ville. Car les Grecs disent que les premiers Hommes étant cruels et insolens, sans foi, sans hospitalité, sans humanité, périrent tous par le Déluge; la Terre ayant poussé hors de son sein quantité d'eaux qui grossirent les fleuves, & firent déborder la mer à l'aide des pluyes, de sorte que tout fut inondé. Il ne demeura que Deucalion, qui s'étoit sauvé dans une Arche avec sa famille, & une couple de bêtes de chaque espéce qui le suivirent volontairement, tant sauvages que domestiques, sans s'entremanger, ni lui faire mal. Il vogua ainsi jusqu'à ce que les eaux fussent retirées. Il fut le pére d'une seconde race d'hommes, qui remplit la place de celle que le Déluge avoit détruite &c.»

Note AC:[ (retour) ] Je donne ce passage selon la Traduction de Mr. d'Ablancourt; elle est fort libre, & fort belle.

Note 40:[ (retour) ] Dans Molon. Le passage est dans Eusébe Préparat. liv. IX. ch. 19. «Immédiatement après le Deluge, cet Homme qui s'étoit sauvé en Arménie avec sa famille, en fut chassé par les habitans du lieu. De là il vint en cette partie de la Syrie qui est fort montagneuse, & qui alors n'étoit pas habitée.»

Note 41:[ (retour) ] Dans Nicolas de Damas. Voici ses paroles, qui se trouvent dans Joséphe liv. XCVI. «Il y a en Arménie, dans la province de Myniade une haute montagne nommée Baris, où l'on dit que plusieurs se sauvérent durant le Déluge. On dit aussi qu'une Arche, dont les restes se sont conservez pendant plusieurs années, & dans laquelle un Homme s'étoit enfermé, s'arrêta sur le sommet de cette montagne. Il y a de l'aparence que cet Homme est celui dont parle Moyse Législateur des Juifs». Jérôme d'Égypte, & Mnaséas, citez par Joséphe, ont aussi parlé du Déluge & de l'Arche.

Note w:[ (retour) ] Apollodore étoit Grammairien d'Athenes, il vivoit sous le regne de Ptolomée Evergetes. Nous avons l'abrégé de sa Bibliothèque, ou histoire fabuleuse des Grecs, en 3. liv. TRAD. DE PAR.

Note AD:[ (retour) ]Joseph d'Acosta & Ant. Herrera.

Note AE:[ (retour) ] On a montré &c. C'est ce que témoignent Théophile d'Antioche liv. III. St. Épiphane contre les Nazaréens, St. Chrysostome dans son Sermon sur la charité parfaite, Isidore liv. XIV. des origines ch. 8. le Géographe de Nubie, & l'Itinéraire de Benjamin.