Note 31:[ (retour) ] Pour avouer &c. Pétrone, S'il y avoit quelque terre qui fût riche en mines d'or, il n'en faloit pas davantage pour la faire déclarer ennemie du Peuple Romain.
Note 32:[ (retour) ] Et l'Isle de Cypre. Florus liv. III. ch. 9. «Le bruit des richesses de cette Isle étoit si grand & si bien fondé, que le Peuple Romain qui égaloit en grandeur toutes les autres Nations de la Terre, & dont la libéralité n'allait pas moins qu'à donner des Royaumes, ne pouvant résister à l'impression que ces richesses firent sur lui, déclara le Roi de cette Isle, tout Allié qu'il étoit, déchu de sa Royauté, réduit l'Isle en Province, & en enleva[C] des sommes prodigieuses.
Note C:[ (retour) ] Plutarque les fait monter à 7000 talens, qui font environ douze millions six cens mille livres.
Note 33:[ (retour) ] Que la plûpart des Peuples ne se faisoient pas un scrupule &c. Thucydide Liv. I. «Autrefois les Grecs, aussi bien que les Barbares de Terre ferme & des Isles, ayant trouvé la commodité d'aller les uns chez les autres par le moyen de la Navigation, s'en servirent pour exercer des brigandages; prenant pour Chefs de ces sortes d'expéditions, des Personnes illustres, qui s'y laissoient aller, tant pour l'espérance de s'enrichir, que dans le dessein de faire du bien à ceux qui étoient dans l'indigence. Ils avoient d'autant moins de peine à réüssir dans ces entreprises, qu'ils ne s'ataquoient qu'à des Villes ouvertes, & à des villages. Ils les pilloient, ils vivoient de leur butin; tout cela, sans encourir d'infamie, car bien loin qu'il y en eût à ce métier, il y avoit même de la gloire.. les habitans de Terre ferme se pilloient aussi, les uns les autres: & les [D]Locres Ozoles, les Etoliens, les Acarnaniens & les Nations voisines, le font encore aujourd'hui. Justin témoigne la même chose des Phocenses; Plutarque des anciens Espagnols; Diodore, des anciens Toséans; César & Tacite, des Peuples d'Alemagne.
Note D:[ (retour) ] Locres Ozoles, ainsi apellez pour les distinguer de 3. autres sortes de Locres: Etoliens, Acarnaniens, Phocenses, Peuples de Grèce.
Note 34:[ (retour) ]Aristote & Cicéron mettent la vangeance &c. Arist. à Nicomachus IV. II. C'est la marque d'un coeur bas & servile, que de soufrir patiemment un afront. Cic. Liv. II. de l'Invention, met au nombre des choses qui sont fondées sur le Droit naturel, les actes de vangeance par lesquels nous repoussons la violence ou les injures, en nous défendant, ou en rendant la pareille. Dans une Lettre à Atticus: Je hai cet homme, dit-il, & je le haïrai toûjours: & plût aux Dieux que je me pusse venger de lui.
Les Loix des Hébreux étoient à tous égards plus justes, & leurs Réglemens plus saints. Mais comme ce Peuple étoit naturellement violent, & sujet aux emportemens de la colére, elles passoient légérement sur certaines choses, & lui en permettoient même d'autres qu'autrement elles lui auroient défendues. C'est à cela qu'on doit atribuer la permission qui fut donnée aux Israëlites, de traiter avec la derniére cruauté les sept Nations qu'ils depossédérent. En quoi pourtant on peut remarquer, qu'ils ne faisoient qu'exécuter les Arrêts de la Justice divine. C'est par une suite, ou plutôt par un abus de cette condescendance de leurs Loix,[35] qu'ils ont toûjours porté une haine mortelle à ceux qui suivoient d'autres Loix que les leurs, & qui ne s'acordoient pas de créance avec eux: & aujourd'hui encore leurs priéres sont pleines d'imprécations & d'amertume contre les Chrétiens. La Loi[E] les autorisoit aussi à se venger par une exacte rétribution des outrages qu'ils avoient reçus, & à tuer de leur propre autorité le Meurtrier de leur Prochain.
Note 35:[ (retour) ] Qu'ils ont toûjours porté une haine mortelle à ceux &c. Les Rabbins enseignent qu'il faut faire tout le mal qu'on peut, à ceux de contraire Religion, & qu'on ne doit pas leur rendre ce qu'on leur a dérobé: qu'il faut exterminer tous ceux qui ne sont pas Juifs. Les Juifs ont ordinairement cette imprécation à la bouche, Que tous les Sectaires périssent subitement.
Note E:[ (retour) ] Levit. XXIV. 20. L'Auteur entend ce passage, de la vengeance entre Particuliers. Mais on l'explique ordinairement de la maniere dont les Juges devoient punir les violences & les outrages.
La Loi de Jésus-Christ défend de rendre injures pour injures, de quelque nature qu'elles soient. Elle ne veut pas que nous aprouvions par l'imitation, ce que nous regardons comme criminel dans les autres. Elle nous ordonne de faire du bien généralement à tous, & si elle donne aux personnes vertueuses le premier rang entre les objets de nôtre amour & de nos bontez, elle ne manque pas de donner le second à ceux dont la malice sembleroit les en exclurre. Pour nous y engager plus fortement, elle nous met devant les yeux l'exemple de Dieu, qui fait servir toutes les créatures aux nécessitez de tous les hommes indiféremment.