Note l:[ (retour) ] L'édition que j'ai de la Traduction de Mr. Arnaud a couronne, pour colomne. Mais aparemment que c'est une faute d'impression.

Note m:[ (retour) ] Dans cet endroit il y a une grosse faute dans la Version que je suis. Mais je crois qu'elle n'est pas de cet Illustre Traducteur. Voici comme mon exemplaire porte. «Or pour connoître combien il s'est passé de tems depuis la construction de Carthage» &c. Ce qui ne signifie rien du tout.

Note 19:[ (retour) ]

Bérose a parlé de Nabuchodonozor. Joséphe Antiq. Jud. XX. & Rép. à Appion, liv. I. Eusébe Chron. & Prépar. I. Ce Bérose étoit Prêtre de Belus, un peu après le tems d'Alexandre le Grand. Pline raporte liv. VII. ch. 37. que les Athéniens, en mémoire de ses divines prédictions lui érigèrent dans une École publique, une Statue dont la langue étoit dorée. Athénée liv. XV. apelle, le Livre Auteur, Babylonica, ou Histoire de Babylone; Tatien & Clément, Chaldaïca, ou Histoire des Chaldéens. Tatien remarque que le Roi Juba avouoit qu'il avoit pris de Bérose, de quoi composer son Histoire d'Assyrie. Je joindrai ici trois passages d'Abydéne qui a aussi fait une Histoire d'Assyrie. C'est Eusébe qui nous les a conservez.

Eusébe, Chron. & Prépar. liv. IX. ch. 40. 41. «Nabopolassar, pére de Nabuchodonozor, ayant apris que le Gouverneur qu'il avoit établi dans l'Égypte, la Célésyrie & la Phénicie, s'étoit révolté, & se voyant trop âgé pour agir en personne contre lui, en donna la commission à son fils qui étoit encore dans la fleur de son âge, & qui s'en aquita si bien qu'il vainquit le rebelle, le prit, & remit ces païs dans l'obéïssance. Dans ce même tems Nabopolassar étant tombé malade à Babylone, mourut après 29 ans de Régne. Nabuchodonozor n'eut pas plutôt su la maladie de son Pére, qu'il donna ordre aux affaires d'Égypte & des Peuples voisins, donna charge à une personne en qui il avoit de la confiance, de ramener à Babylone l'Armée & les prisonniers de guerre, Juifs, Phéniciens, Syriens & Égyptiens; & y revint avec fort peu de ses gens par le chemin le plus court, qui est celui du désert. Il trouva les afaires en bon état entre les mains des Chaldéens, le plus considérable d'entr'eux en ayant pris le maniement en atendant son retour. Ainsi il succéda à son Pére dans toute l'étendue de ses États. Il dispersa les prisonniers en diférens endroits de son Empire, leur assignant de bonnes terres à cultiver. Il employa le butin qu'il avoit remporté de son Expédition, à orner le Temple de Bélus & des autres Dieux. Il agrandit l'ancienne Babylone en y joignant une seconde Ville. Il pourvut à ce qu'en cas de siége les Ennemis ne pussent plus détourner le cours du fleuve pour faciliter les aproches. Il environna la Ville intérieure & la Ville extérieure, chacune d'une triple enceinte de murailles, qu'il fit en partie de brique & de bitume, en partie de brique seulement. Après l'avoir si bien fortifiée, il y fit des portes fort superbes. Ensuite ne se contentant pas du Palais de son pére, il en fit bâtir un infiniment plus somptueux, tant pour la grandeur de l'édifice, que pour la beauté de la structure, & pour les ornemens. Ce qu'il y a de plus admirable, c'est qu'un ouvrage & si grand & si beau, fut achevé en 15. jours. Il fit aussi bâtir des galeries si massives & si élevées, que d'un peu loin elles sembloient des montagnes, & il y planta des arbres de toutes les espéces. Ce sont là ces jardins suspendus qu'on a mis au nombre des merveilles du Monde. Il les fit pour plaire à la Reine sa Femme, qui ayant été élevée dans la Médie, païs fort montagneux, aimoit extrémement la vûe des montagnes & des forêts. Étant tombé malade, il mourut avant que ces ouvrages fussent achevez après 43 ans de Régne.» Cette Femme de Nabuchodonozor, est celle qu'Hérodote appelle Nitocris comme Scaliger l'a prouvé.

Euséb. Prépar. liv. IX. sur la fin, «Mégasthéne dit (c'est Abydéne qui parle) que Nabuchodonozor a surpassé Hercule en courage & par la grandeur de ses actions: qu'il a poussé ses Conquêtes jusques dans l'Afrique & dans l'Espagne, & qu'il avoit envoyé sur le rivage droit du Pont Euxin, des Colonies composées de ceux qu'il avoit fait prisonniers dans ces guerres. Outre cela les Chaldéens racontent que le Roi étant un jour monté sur le haut de son Palais, tint ce discours prophétique en présence d'un grand nombre de personnes. Écoutez vous habitans de Babylone. Moi Nabuchodonozor ai à vous annoncer une calamité extrême, qui est prête à vous acabler, & sur laquelle ni Bélus le chef de nôtre race, ni la Reine Beltis, n'ont jamais pu fléchir les Parques. Il viendra un mulet de Perse, qui aidé de vos Dieux mêmes, vous réduira en servitude. Un Méde, qui avoit été jusques là aux Assyriens un sujet de se glorifier, se joindra à lui pour vous perdre. Ah, plût aux Dieux qu'avant qu'il nous trahît, il fût plongé au fond de la mer, ou qu'entraîné malgré lui dans des lieux déserts & inhabitez, receptacles des bêtes & des oiseaux, il y errât parmi les rochers le cette de ses jours! Que les Dieux ne m'ont-ils retiré avant que de me faire entrevoir un avenir si funeste! Après qu'il eut prononcé ces paroles, il disparut tout d'un coup.»

Le même Eusébe dans un autre endroit raporte encore ces paroles d'Abydéne. «On dit qu'autrefois l'endroit où Babylone est bâtie, étoit un grand amas d'eaux, auquel on donnoit le nom de Mer: que Belus l'ayant asséché, partagea le fonds entre plusieurs de ses Sujets, y bâtit Babylone, qu'il entoura de murailles: que ces murailles ayant été consumées par le tems, Nabuchodonozor en fit de nouvelles, dont les portes étoient d'airain, & qui demeurérent sur pié jusqu'au tems d'Alexandre le Grand.»

Joséphe Rép. à Appion liv. I. ch. 7. produit un passage de l'Histoire des Phéniciens, qui est digne d'être raporté ici, tant parce qu'il parle de Nabuchodonozor, que parce qu'il contient la suite des Rois & des Juges de Tyr, depuis Ithobal jusqu'à Irom, c'est-à-dire, jusqu'au tems de Cyrus. «Durant le Régne d'Ithobal, Nabuchodonozor assiégea la Ville de Tyr. Baal succéda à Ithobal, & régna dix ans. Après sa mort le Gouvernement passa des Rois à des Juges. Ecnibal fils de Baslach, exercea cette Dignité durant deux mois. Chelbés fils d'Abdée l'exercea dix mois; le Pontife Abdar deux mois; Mytgon & Gerastrate fils d'Abdebyme 6 ans; Balator 1 an. Après on envoya querir en Babylone Merbal qui régna 4 ans, & Irom son frére qui lui succéda régna 20 ans. Cyrus Roi de Perse régnoit aussi alors: & tous ces tems ajoûtez ensemble reviennent à 54 ans, trois mois. Ce fut en la septième année du Régne de Nabuchodonozor que commença le siége de Tyr, & en la quatorzième année du Régne d'Irom que Cyrus Roi de Perse vint à la Couronne.» On voit aussi dans Joséphe un passage d'Hécatée qui porte que les Perses (par où il entend les Babyloniens) avoient emmené en Babylone, plusieurs milliers de Juifs. Clément, Stromat. I. raporte un témoignage de Demétrius sur ce même événement, & sur la guerre de Sennachérib.

Note 20:[ (retour) ] Et des autres Rois Chaldéens. Rép. à Appion liv. I. ch. 6. «Evimérodach son fils (savoir fils de Nabuchodonosor) lui succéda: ses méchancetez & ses vices le rendirent si odieux, que n'ayant encore régné que deux ans, Nériglissor, qui avoit épouse sa soeur, le tua en trahison, & régna 4 ans. Sou fils Laborosoarchod, qui étoit encore fort jeune, régna seulement neuf mois. Car ceux mêmes qui avoient été amis de son pére, reconnoissant qu'il avoit de très-méchantes inclinations, trouvérent moyen de s'en défaire: & après sa mort choisirent d'un commun consentement pour régner sur eux, Nabonnid, qui étoit de Babylone, & [B] étoit de la même race que lui. Ce fut sous son Régne que l'on bâtit le long du fleuve, avec de la brique enduite de bitume, ces grands murs qui enferment la Ville de Babylone. Et en la dix-septiéme année de son Régne, Cyrus Roi de Perse après avoir conquis le reste de l'Asie, marcha vers cette Ville. Nabonnid alla à sa rencontre, perdit la bataille, & se sauva avec peu de gens dans la Ville de Borsippe. [C] Cyrus assiégea en suite Babylone dans la créance qu'après avoir forcé le premier mur, il pourroit se rendre maître de cette Place. Mais l'ayant trouvée beaucoup plus forte qu'il ne pensoit, il changea de dessein, & alla pour assiéger Nabonnid dans Borsippe. Ce Prince ne se voyant pas en état de soutenir le siége, eut recours à la clémence du Vainqueur, qui le traita fort humainement, & qui lui donna de quoi vivre à son aise dans la Caramanie, où il passa le reste de ses jours dans une condition privée. C'est cette retraite de Nabonnid à Borsippe qui est marquée, Jérémie LI. 30. Les forts de Babylone se sont déportez de combatre; Ils se sont tenus dans les forteresses &c. Eusébe donne un passage d'Abydéne qui dit la même chose, mais en abrégé. La seule diférence est dans les noms, Evilmaluruchus, par exemple, au lieu d'Evilmérodach, Le nom d'Evilmérodach se trouve dans le Livre second des Rois XXV. 27. Hérodote parlant du siège de Babylone dit «que Cyrus détourna le fleuve de son cours ordinaire faisant écouler ses eaux dans un Lac marécageux; & que par ce moyen il se fit un chemin au travers du lit de ce fleuve.» Cela est marqué Jérém. LI. 32. Ses quais sont surpris, ses marais sont brûlez au feu.

Note B:[ (retour) ] Ce n'est pas cela, mais, «& qui avoit été de la Conspiration.»

Note C:[ (retour) ] Ce n'est là point du tout le sens de Joséphe, le voici. «Cyrus ayant pris Babylone, trouva à propos de la démanteler, parce qu'il voyoit que le peuple étoit remuant, & la Ville dificile à prendre; Après quoi il alla pour assiéger Nabonnid dans Borsippe.»

Liv. II 11.

Note 21:[ (retour) ] Que Jérémie appelle Vaphrès Jer. XLIV. 3. C'est ainsi que les LXX Interprétes & Eusébe tournent le mot חפרצ hophriagh. Ce Roi vivoit dans le tems de Nabuchodonosor.

Note 22:[ (retour) ] Cyrus &c. Diodote de Sicile, Crésias, Justin liv. IV. ch. 5. &c. Théophile d'Antioche prouve par le témoignage de Bérose, que le Temple de Jérusalem a été commencé à rebâtir sous Cyrus & achevé sous Darius.

Note a: Ville de Thrace.