Vous employez le cor comme un instrument ordinaire. C'est un grand tort.—Le timbre spécial de cet instrument, la grande difficulté qu'il éprouve à faire entendre certains sons bouchés le rendent impossible comme instrument d'harmonie. Je vous envoie un exemple tiré de votre joli allegretto de symphonie.
En somme, c'est bien.—Soyez simple; ne mettez que ce que vous entendez;—pas autre chose,—ne chargez pas;—il y en a toujours trop!
L'exercice que vous vous proposez serait bon, s'il était fait d'après une réduction bien complète. Autrement, vous ne pouvez deviner les détails que vous ne voyez pas.—Prenez une bonne réduction à quatre mains.... Tenez..., par exemple..., un andante de symphonie de Beethoven par Czerny.—Mais, un morceau ne peut bien être orchestré que par l'auteur... ou il faut être bien fort; sans compter qu'on peut faire bien et autrement. Le meilleur est de vous orchestrer vous-même. Lisez les symphonies de Beethoven; lisez et travaillez Berlioz.
Le petit morceau en si mineur est très bon. J'aime beaucoup le fragment de ballet,—et c'est bien instrumenté.
Mille choses bien aimables et bien affectueuses et croyez-moi toujours votre mille fois dévoué
Georges Bizet.
Sixième Lettre.
Décembre 1867.