— Sûrement, c’est le Sultan Noir qui a tari la source.

En parlant, elles pleuraient.

Bent-el-Rhass dit :

— Celui que je hais ne me tient pas encore.

Et elle reprit son visage riant.

Une semaine s’écoula ainsi où chacun mesura sa soif. Un matin, les suivantes déclarèrent :

— Il n’y a plus d’eau que pour un jour.

Alors, sans s’émouvoir, Bent-el-Rhass commanda :

— Faites un tas de tous les haïks, de tous les burnous, de toutes les gandoura. Lavez-les avec cette eau qui vous reste. Étendez-les sur des cordes au grand soleil.

Les femmes crurent que la douleur avait troublé la raison de Bent-el-Rhass.