—Arrange-toi!

—Il y a un moyen...

—J'en étais sûr!... Lequel?

—Laisse-moi ma liberté... Au lieu de plaider pour toi, je plaiderai pour ta femme,—contre toi. Nous sommes de vieux camarades, n'est-ce pas?... Je sais comment tu vis?... Nous n'aurons pas de peine à faire comprendre au Tribunal que tu as imposé à ta femme toutes sortes d'injures graves...

Le divorce a été prononcé, et si le chassé-croisé, exécuté par un avocat, homme d'esprit, est un fait en somme exceptionnel, tous ses confrères savent rédiger le scénario qu'on intitule «injures graves».

Cela s'appelle «organiser une procédure».

Voyons maintenant le côté du Tribunal.

Puisque la loi donne aux magistrats le droit d'apprécier à leur fantaisie la valeur des motifs injurieux, ils auraient tort de ne point se distraire aux dépens de leurs contemporains, quand l'occasion leur en est offerte.

Voici par exemple une jeune femme: depuis six mois qu'elle est mariée, elle a refusé à son mari—sous des prétextes divers—l'usage de ses droits. Il s'est dépité, cet homme! Il a pris la clef des champs, et—ô changeante humeur des femmes!—la récalcitrante est désolée.

Elle fait faire à la barre, par son avocat, «des offres réelles»: