—Nous sommes disposée, messieurs...

Comment ne pas approfondir une telle affaire? Comment retenir, contre une femme si repentante, le chef d'injure grave?

Mais si une charbonnière se plaint de ce que son mari lui a donné des coups de bâton, on lui refuse le divorce.

Et, si elle demande pourquoi, on lui répond:

—Parce que ça se fait dans votre monde...

D'autre part, on accorde le divorce à une femme que son mari a traitée de «rosse» devant ses enfants et ses domestiques. On le refuse à un mari à qui une femme a écrit: «Sganarelle» à la craie, dans le dos, sur son paletot, un soir qu'il allait jouer une manille à son café. On affirme qu'un mari n'a pas commis d'injure grave envers sa femme s'il a écrit à de «vieux amis»:

«J'ai affecté de l'aimer parce que je convoitais sa fortune et pour payer mes dettes.»

Au contraire, on est révolté par ce propos d'alcôve d'un mari peu galant, marié sous le régime de la séparation de biens:

—Madame, si vous vouliez me laisser toucher les loyers, mon humeur serait toute différente...

Y aurait-il deux poids et deux mesures?