Je ne prétends pas que sa trace disparaîtra tout à fait de la loi: il y a des occasions où l'Église elle-même prononce la nullité du mariage. La morale et la science ont, elles aussi, le droit de définir les cas exceptionnels où le mariage indissoluble est une contrainte inhumaine, pis encore: un contresens.

Ce que nous réclamons, c'est une loi du divorce qui ne soit plus une prime d'inconstance accordée à l'individu, mais une chance de durée octroyée à la race.

FIN


NOTES:

[1] Je renvoie ceux qui voudraient approfondir cette question à l'intéressante brochure que M. H. Coulon a publiée sur ce sujet, en 1892, sous ce titre: le Divorce et l'Adultère (De l'abrogation des lois pénales en matière d'adultère).

[2] Madame Aubernon de Nerville.

[3] H. Coulon, Le Divorce et la Séparation.

[4] Il serait injuste de reprocher aux Tribunaux français ces mauvaises mœurs de justice comme une exception inconnue ailleurs. En tous temps et en tous lieux les gens du peuple ont vu leurs affaires traitées avec cette désinvolture. M. de Bismarck, qui n'avait pas l'âme tendre, en fut indigné dans sa jeunesse. Il conte en ces termes, dans ses Mémoires, le fâcheux souvenir que lui laissèrent ses fonctions de stagiaire près d'un Tribunal de divorces: