—Je vous crois! il s'imagine que la signora a un préféré, qui n'est pas lui, simplement parce que la Camporesi depuis quelque temps ne lui donne plus de galette et devient avare. On raconte qu'elle met de l'argent de côté pour qu'on lui dise des messes après sa mort.

—Vous êtes méchante. Que vous a-t-elle donc fait?

—Une petite chose que je ne lui pardonnerai jamais... Elle m'a battue quand je servais chez elle.

Elle fit cet aveu avec une sorte de fierté qui surprit tout l'entourage.

—Eh bien oui! dit-elle, j'ai été servante. Cela ne m'empêche pas d'être la maîtresse de ceux que je choisis pour m'adorer... Tenez, ce grand blanc qui est là, devant moi, avec sa poitrine couverte de plaques et de rubans, il sera à mes pieds quand je voudrai.

C'était à moi qu'elle s'adressait.

—Doucement, doucement, ma fille, lui dis-je en lui pinçant le derrière et je la secouai un peu rudement.

—Voulez-vous me lâcher, criait-elle en se débattant.

L'ancienne servante reparaissait toute dans ses façons grossières qui étaient en violent désaccord avec sa beauté gracieuse et l'élégance de sa toilette d'une richesse trop éclatante, mais pourtant de coupe et de nuances harmonieuses.

—Savez-vous que nous sommes les maîtres, dis-je, et que nous pouvons vous forcer à nous obéir?