—Je ne suis pas venue pour entendre vos insultes mais pour recevoir les dix mille florins que vous m'aviez promis.

—On est déjà venu les réclamer hier soir.

—C'est à moi que vous deviez les remettre.

—Sa Majesté l'Empereur d'Autriche ne m'a pas nommé général de ses armées pour entendre les récriminations des catins. Vous allez me faire le plaisir de tourner les talons.

—Je ne m'en irai pas avant d'avoir mon dû.

—Oh! oh! si vous le prenez sur ce ton, nous allons voir, par exemple!

Et je sonnai mes ordonnances.

—Prenez cette femme par le bras, agenouillez-la devant mon lit, et troussez-lui ses jupons.

Esther Bettington eut un cri de colère, mais elle eut beau se débattre, ruer, mordre, donner des coups de poing, les deux soldats qui la maintenaient l'eurent bientôt fait tomber au pied de mon lit.

—Détachez vos ceintures, dis-je alors, puis me tournant vers Esther: regardez ces sangles, ma belle; ce sont celles qui ont fouetté hier soir votre amie Emma; elles portent encore les traces de son sang. Vous allez bientôt, si vous y tenez, les marquer à votre tour; j'imagine en effet que les ceintures feront de fort jolis dessins rouges sur vos grosses fesses dont la peau me paraît plus blanche et plus fine encore que celle de votre amie.