—Que veux-tu?
—Votre Excellence, je viens demander la récompense promise.
La morsure de la Camporesi dont je souffrais encore m'avait exaspéré. Je n'étais pas en humeur de libéralités.
—Ta récompense? tu oses demander ta récompense? Mais la récompense d'un espion et d'un rufian de ton espèce c'est une bonne bastonnade et le repos forcé au fond d'un cul de basse-fosse. Les désires-tu?
Il n'en demanda pas davantage, descendit les escaliers très vivement et avec une grande peur qu'on ne le laissât pas sortir; il fut tout surpris et tout heureux de pouvoir respirer l'air libre.
Esther Bettington ne se contenta pas si aisément. Dès le lendemain matin, et lorsque j'étais encore au lit, elle demanda à me voir, et mon ordonnance croyant que j'attendais sa visite, eut le tort de la faire entrer dans ma chambre.
—Je pense que votre Excellence tiendra sa promesse, me dit-elle après m'avoir salué.
—Vous pouvez y compter, ma belle, répondis-je, mais approchez-vous donc; les chaises sont un peu rudes ici; dans ce lit vous serez mieux pour causer.
—Votre Excellence me pardonnera, répliqua-t-elle froidement, mais j'ai «mes mois» aujourd'hui et ne puis la satisfaire.
—Est-ce que vous croyez que je tiens à vos bonnes grâces? vous vous trompez, ma chérie; je ne désire pas avoir les restes de vos souteneurs!