—On l'a retrouvée, répondis-je; ne vous effrayez pas. Soyez calme.
J'étais pourtant très inquiète, mais uniquement à cause de ma chérie. Qui avait pu ordonner cet enlèvement? Ce n'était, certes, pas l'amour qui l'avait inspiré, car pourquoi s'attaquer à ces deux malheureuses enfants! Je me perdais en conjectures.
—S'ils veulent t'enlever, m'écriai-je, il faudra qu'ils m'enlèvent avec toi, car je ne te quitte plus.
Par le jardinier, je fis armer d'un fusil, et poster derrière les cacaoyers, deux nègres dont j'ai eu déjà l'occasion d'éprouver la fidélité.
Si quelqu'un essaie d'entrer furtivement dans la maison, ils ont ordre de tirer.
De plus, Catherine et Marion vont transporter le lit d'Antoinette dans ma chambre, pour que je puisse mieux veiller sur mon enfant.
Je ne me fierai plus à personne, qu'à moi-même.
Au besoin je saurai la défendre. M. le comte de Provence avait donné à mon mari d'excellents pistolets. Ils resteront désormais sur ma table, près de mon lit, tout chargés. Je ne suis point maladroite.
Mais qui donc a eu l'audace de commander cet enlèvement?... Je ne crois pas que Dubousquens, ni Figeroux soient coupables. Et pourtant!... Dès demain j'irai porter plainte au Conseil; il faudra bien qu'on découvre les coupables et qu'on venge mon Antoinette!