RUMEUR
Nu comme un regard
le printemps rit sous l'aisselle des ponts
et soupire
le soleil en rut
une rumeur circule entre les jambes des passants
dans l'ascension des chambres de septembre
à travers les volets
la texture des foules
et les poèmes brûlés
par l'anathème de l'oeil
disloqué
UNE VOIX, UNE ENIGME
Les voix sont noires
comme des culs de poules ennivrées
images glissantes
sur les trottoirs enneigés
au détour
un oeil passionné guette la scène
un râle viendra dire je t'aime dans un miroir
à gauche de la tolérance
la figure vole en éclats
le hasard s'étonne
la formule
c'est le décor
le confort
le rite des corps
la passion mur à mur
l'obsession
la fiction
le retour
ABLUTIONS
Faut-il se laver à tout jamais
tremper sa main dans la douleur
d'être là
et savonner l'ennui
ou attendre d'être plus noir qu'une tache de silence
imprégnée sur le côté droit du destin
ou même un peu cernés
comme les choses du monde
les songes
les mensonges
le plomb
les surplombs dans le secret des hauteurs
et les histoires sans atmosphère
sans stratosphère
les heures s'encrassent d'illusions
comme toujours
F I N
Les yeux grands ouverts dans la boue
il fait silence dans sa chair refroidie
© Éditions En Marge et Huguette Bertrand
Dépôt légal / novembre 1995, 54 p.
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