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Alexandrie, 10 thermidor an 7.

MA CHÈRE MAMAN,

Nous arrivons d'Aboukir en ce moment. Le général expédie un courrier, et je n'ai le temps que de t'écrire deux mots. Les Turcs sont descendus le 25 du mois dernier; nous les avons battus complétement le 7 de ce mois; une grande partie de l'armée est noyée, l'autre partie tient encore dans, le fort d'Aboukir; nous les bombardons en ce moment; j'espère qu'ils ne tarderont pas à se rendre.

Nous avons encore perdu un camarade. Moi, je me porte très bien. Je pense sans cesse à toi. Je désirerais bien recevoir de tes nouvelles. Adieu, on cachète les lettres. J'embrasse Hortense; je n'ai pas le temps de lui écrire.

BEAUHARNAIS.

Bourienne et Lavalette me chargent de te faire mille complimens, et de t'assurer de leurs respects.

À la Citoyenne BONAPARTE, rue de la Victoire, n° 6, à Paris.

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Martigny, le 28 floréal an 8 de la république.