«—Voilà bien un mot de mari.

«—Cela est vrai; mais depuis long-temps on a dit sur les maris tout ce qu'on pouvait dire. Il en sera de même in tutt' eternità.

«—Come? lei parla italiano?

«—Et vous aussi, s'écria Regnaud enchanté, et vous ne le disiez pas!

«—Mais j'ai un accent à vaincre, et je ne veux que parler français.

«—À la bonne heure, mais de temps en temps une petite conversation italienne, sans tirer à conséquence.

«—Ah! voilà les hommes toujours, tartufes! Sévérité pour autrui, indulgence pour eux en cachette. Il n'en sera rien; avant que je ne sache à quoi m'en tenir sur mon accent, vous n'entendrez pas sortir de ma bouche un seul mot de la langue du Tasse et de l'Arioste, pas un mot de celle de Schiller et de Wieland. Trop heureuse si je puis n'être point indigne de servir d'interprète à la belle langue de Corneille, de Racine et de Voltaire.

«—Vous êtes universelle, mais vous avez raison de préférer être Française. Je veux vous amener deux juges de votre mérite, l'un poëte déjà célèbre, l'autre qui le deviendra sans doute.

«—Oh! point de réunion savante, je vous en prie; j'y ferais triste figure.

«—Je ne vous parle pas de savans, mais de deux poëtes aimables.»