Je le vis un moment le soir; il me fit raconter ma chute et ma guérison miraculeuse; Y croyez-vous? me dit-il.

«—Mais je crois aux miracles que je vois.

«—S'il en est ainsi, votre homme est précieux; je m'en vais l'attacher à l'armée.

«—Il vous fera volontiers grâce de cet honneur: les Tyroliens aiment trop leurs montagnes.

«—Et nous aussi: c'est pour cela que nous en avons délogé les
Autrichiens.»

Quand je lui parlai du Français que j'avais rencontré dans les montagnes, il m'adressa les plus minutieuses questions.

«N'auriez-vous pas remarqué qu'il se soit mis en rapport avec les gens du pays?

«—Cela lui eût été difficile, car il ne sait pas un mot d'italien, et encore moins d'allemand.

«—Lui avez-vous dit que vous me connaissiez?

«Comment pouvais-je confier à un étranger ce que vous m'avez priée de taire même à l'amitié?