Je ne pouvais répondre à cela que par un regard, et le regard fut compris.
À la manière dont l'ami d'Oudet fut reçu par Carnot, je dus juger qu'il était fort avant dans son estime; Carnot savait déjà la mort du général Quesnel, et en témoigna énergiquement son horreur. Il parla aussi avec l'ami d'Oudet du voyage que fit celui-ci lors du départ de Napoléon pour l'île d'Elbe, et je ne puis me refuser le plaisir de transcrire ce qu'il nous disait avoir entendu de la bouche de l'Empereur, parlant au maréchal Augereau, lesquels s'étaient rencontrés entre Lyon et Valence. L'Empereur et Augereau étaient tous deux descendus de voiture. Après l'avoir embrassé, Napoléon, prenant Augereau par le bras, lui dit: «Où vas-tu? sans doute à la cour?… Ta proclamation est sotte. Pourquoi des injures contre moi? Il fallait tout simplement dire: Le vœu de la nation s'est prononcé en faveur d'un nouveau souverain; le devoir de l'armée est de se soumettre. Vive le Roi! Vive Louis XVIII!—Ah! s'écriait Carnot; quel dommage que le trône ait pu tenter un pareil homme!» Je trouvai ces Messieurs d'un républicanisme trop rigoureux; et, ne voulant pas me perdre dans l'expression tour à tour métaphysique et furibonde de leur opinion, je les ramenai insensiblement à nos communs regrets sur l'infortuné Quesnel, et je les quittai pour aller dire à Regnault tout ce qui venait de se passer.
FIN DU CINQUIÈME VOLUME.
NOTES
[1: Peintre actuel de S. M. le roi des Pays-Bas.]
[2: Près Florence, route de Sienne.]
[3: «Si vous voulez prier pour son ame, venez, et vous serez bénie.»]
[4: «Elle en a pitié.»]
[5: «Je serai à toi, Paolo, ou à la mort.»]
[6: «Tu seras à moi, ou nous serons avec celle-ci.»]