«J'avais été ce qu'on appelle un enfant précoce, me dit lady Caroline; fille unique, je fus aussi un enfant gâté. Mes petits succès de famille me firent trouver tout naturels mes succès dans le monde, lorsque j'y fis mon entrée sous les auspices de M. Lamb. Mon mari était fier de moi, et me vantait peut-être trop lui-même: nous recevions beaucoup d'amis, nous étions de toutes les parties à la mode: le bruit de ces plaisirs et de ces fêtes, qui se succédaient sans cesse, suffit pour me distraire de toute séduction directe; mais je m'aperçus enfin que je m'étais habituée à ne plus voir dans mon mari qu'un homme aimable de plus, qui n'avait guère plus de droit qu'un autre de m'occuper: j'oubliai que mon premier devoir était de lui plaire et que ce devoir serait devenu un bonheur: quand l'ennui me saisit, jeune encore, et que j'en fus réduite à la fatigue de Xercès demandant sans cesse quelque distraction nouvelle, je confondis M. Lamb avec la foule des hommes frivoles qui m'importunaient par leurs fadeurs. Je sentais le besoin d'une passion pour y puiser quelque énergie contre l'ennui de moi-même: au lieu de me réfugier dans le calme des affections domestiques, je crus qu'il fallait à mon coeur une tendresse romanesque pour échapper au dégoût de la vie. J'étais dans cette exaltation, qui tenait de la folie, lorsque j'entendis parler pour la première fois de lord Byron. Ses singularités autant que son génie poétique faisaient alors sa renommée: je riais des contes qu'on répandait sur ses voyages, et cependant j'étais curieuse de le voir, comme si je les croyais: bientôt je me surpris à ajouter moi-même des attributs fantastiques à ce caractère étrange, et à embellir d'aventures imaginaires le roman de sa vie. L'idéal de Byron me poursuivait partout; endormie, dans mes songes; réveillée, dans mes rêveries. Je lui parlais comme s'il était présent, attentif, quoique invisible: ses réponses, je les cherchais dans ses ouvrages, que j'ouvrais au hasard, comme un oracle mystérieux; quand je tombais sur un passage ou un vers qui cadrait avec ma pensée du moment, je me l'appliquais, je l'apprenais par coeur, et puis je rimais à mon tour ma réplique. Cette singulière passion me charmait, comme la lecture d'un poëme ou d'un roman. Je la comparais à celle de la Sophie de Rousseau pour Télémaque; elle ne me faisait aucune peur, ou plutôt quand je me reprochais ma folie, je me disais que la vue de Byron suffirait pour la terminer, en me montrant que le Byron de mon imagination n'existait pas. Cependant quand on me citait quelque femme que la médisance de la ville donnait au poète pour maîtresse, je m'aperçus qu'un instinct de jalousie me rendait toute contrariée, injuste et même indiscrète contre cette rivale vraie ou fausse: il me tardait de rompre ce lien romanesque qui me paraissait ridicule dans mes lueurs de bon sens, et qui n'était pas innocent, puisque je me serais bien gardée d'en parler à mon mari; à compter de ce moment, il me vint à l'idée que M. Lamb était pour moi un censeur incommode: je lui fis un crime de mon indifférence pour lui; je lui en voulus de ses attentions conjugales à un prosaïque mari placé entre moi et l'amant imaginaire que je m'étais donné: enfin un soir, chez lady Jersey, on annonça l'auteur de Childe-Harold. Je le vis entrer et saluer la maîtresse de la maison, puis porter un regard distrait sur le reste de la société: je l'observais, à l'écart, émue, tremblante et bien embarrassée: ni son visage ni sa démarche, ni le son de sa voix, ni le geste de sa main, de cette main si belle cependant, et dont il était fier comme Napoléon de la sienne; rien n'était conforme à mon idéal; mais ce visage, cette démarche, cette voix et ces gestes, me rendirent infidèle au portrait imaginaire. Toute l'attention du cercle fut absorbée par le vrai Byron: tous les yeux cherchaient les siens; pour lui, il paraissait presque timide en se voyant ainsi le point de mire des autres. Désirant s'asseoir, il choisit tout juste le canapé où j'étais, parce qu'il était placé dans un enfoncement à l'écart. On ignorait si j'étais connue de lui. On crut qu'il venait à moi pour me parler, et l'on respecta le coin privilégié, où je me trouvai presque dans un tête-à-tête avec Byron: nous en restâmes à une suite de lieux communs dans ce premier entretien. J'étais désespérée de me trouver si sotte: Byron, trop heureux d'échapper à ces espèces de thèses que les femmes alors lui faisaient soutenir dans le monde, se reposait sans doute de son esprit dans l'insignifiance de nos complimens; il affectait d'être intéressé: et quand il me quitta, on vint me féliciter de ma conversation, moi qui me disais que Byron avait dû prendre une bien pauvre idée de moi. Cette crainte ne me quitta que lorsque j'eus formé la résolution de lui prouver par une lettre que je valais mieux qu'il n'avait pu me juger en si peu de temps.
«De retour à l'hôtel, je pris la plume sans remords; je veux, disais-je, engager avec lui une correspondance littéraire; je déchirai dix lettres, enfin j'y renonçai; je trouvai mille objections contre cette imprudence, et je m'arrêtai à l'idée de le revoir auparavant. Quand nous voulons courir à notre perte, il semble que tous les chemins nous y mènent; je ne tardai pas à revoir Byron, à le revoir tel que je voulais qu'il fût pour l'aimer; lui cependant, il évitait de me comprendre; ce fut alors que je lui écrivis; mais il ne s'agissait plus de littérature ou plutôt la littérature était une manière de m'associer à sa destinée, ma tête romanesque m'identifiant tour à tour aux diverses héroïnes du poète.
«Je portai moi-même ma lettre, et voici comment: je fis faire une livrée à ma taille, et demandai à parler à Byron, insistant pour le voir seul et affectant un air de mystère qui devait éveiller les soupçons de son valet de chambre. Ce valet, nommé Fletcher, ancien cordonnier que Byron avait amené de Newstead-Abbey, était une espèce de Sganarelle, simple, avec une prétention de malice, confident discret d'ailleurs, quoique moralisant aussi en vrai valet de don Juan; il hésita long-temps à m'introduire. «Milord n'était pas seul.—J'attendrai.—Milord ne voulait voir personne aujourd'hui.—Je ne pouvais attendre le lendemain.» Je fus enfin introduite. Byron était penché nonchalamment sur un canapé; ses mains tenaient avec grâce un livre sur lequel ses yeux, à demi-fermés, ne s'arrêtaient que par momens. Au lieu de parler, je tendis ma lettre: je ne me souviens que du sens. Faisant allusion au corsaire, j'offrais à Conrad l'amour de Gulnare ou les services de Kaled. Je m'étais bien reproché d'être si hardie, de faire les avances, car il faut au moins oser ici employer le mot propre; mais le génie de celui que j'aimais me semblait mon excuse. Byron se retourne et me reconnaît. «Je suis bien coupable, me dit-il, car je me laisse prévenir, et cependant mon coeur est libre!» C'était abréger, de son côté, toutes les phrases, tous les préliminaires de la galanterie. Combien cette déclaration qui m'apprenait qu'il était libre, me ravit! «Je suis à vous, lui dis-je; mais pour aujourd'hui je veux être Kaled. Cette lettre vous apprend où vous trouverez Gulnare.» Byron semblait hésiter à me laisser sortir sans rançon; je l'avais prévu, et je lui montrai un poignard caché dans une poche de ma livrée. «Voilà qui est turc tout de bon, mon page, dit Byron; mais auriez-vous le courage de me tuer?—«Oui, lui répondis-je; j'ai bien eu celui de venir; je suis prête à tout.—Et moi, je ne le suis pas, répondit-il; mais puisque chez vous le myrte et les roses cachent un poignard, je vous reverrai quand j'aurai fait mon testament.» J'étais bien sûre qu'il viendrait au rendez-vous, et il n'y manqua pas. Cette fois le poignard dormit dans son fourreau. On prétend que Byron a écrit ses Mémoires; sans doute il n'y aura pas oublié un incident qui faillit me mettre dans un grand embarras. À la suite d'un bal, je lui avais donné l'hospitalité pour la nuit: nous dormions tous les deux, moi dans mon lit, Byron sur un divan. Tout à coup je m'entends appeler, je m'éveille et reconnais la voix de M. Lamb. «Caroline, me dit-il tout bas, levez-vous; mon domestique prétend qu'il y a un voleur dans la maison; nous l'avons cherché partout; nous allons maintenant faire l'inspection de votre chambre; que le bruit ne vous effraie pas.—Ciel! m'écriai-je, un voleur!» et je me hâtai de regarder du côté où Byron s'était endormi; il n'y était plus, et je vis son ombre se dessiner contre le mur, puis disparaître. «Ciel! un voleur!» M. Lamb voulait m'empêcher de crier. «Je ne reconnais pas votre courage, me dit-il; mais vous voilà avertie, je vous laisse.» En ce moment, nous entendîmes rouler un homme dans l'escalier, et M. Lamb courut de ce côté: heureusement c'était le domestique qui avait glissé. Je craignais qu'il n'eût rencontré Byron, mais il était resté caché derrière la porte; il rentra en ce moment. «Caroline, me dit-il, le poignard de Kaled!» Je sautai hors du lit; j'ouvris un tiroir, je pris le poignard et je le lui remis. «Maintenant, me dit-il, vous êtes sauvée; il s'entoura la tête d'un mouchoir de manière à se cacher un oeil, serra son manteau autour de son corps, l'y fixa avec un léger schall à moi pour ceinture, et ainsi déguisé: «Caroline, me dit-il, maintenant je suis un voleur véritable; votre écrin, ou vous êtes morte!» Je lui donnai mes bijoux; il sonna. «Que faites-vous? m'écriai-je!—Vous allez voir, continua-t-il, en me poussant vers la porte; dites que M. Lamb peut seul entrer.» M. Lamb accourut en effet au bruit de la sonnette. «Je ne suis visible que pour vous, lui dis-je», sachant à peine ce que je faisais en obéissant ainsi aux ordres et aux signes de Byron. M. Lamb entre et ferme la porte; il m'aperçoit à genoux, et le prétendu voleur me tenant par les cheveux, prêt à me frapper le sein avec le poignard: «Elle est morte! dit-il à M. Lamb d'une voix creuse, si vous ne me jurez, elle et vous, de m'accompagner jusqu'à la rue, et de me laisser ces diamans.» Je n'avais pas besoin de feindre la terreur dans cette scène de comédie. M. Lamb fut trompé sur les motifs; le traité eut lieu, nous descendîmes avec le voleur et lui ouvrîmes nous-mêmes la porte. Le lendemain les bijoux nous furent renvoyés, avec un billet à peu près conçu ainsi pour M. Lamb: «Le voleur vous doit la vie; les bijoux sont de trop pour lui cette fois: mais tenez-vous bien sur vos gardes, il espère aller les reprendre!» Malheureusement ce voleur romanesque avait laissé tomber dans la maison, une lettre à l'adresse de Byron. M. Lamb me la montra.
«Vous l'avouerai-je, la contrainte que m'imposait un reste de mystère me pesait; je laissai deviner à M. Lamb qui était le voleur. C'était du moins renfermer le scandale de cette scène dans la maison: bientôt, hélas! le monde découvrit aussi quelques uns de nos secrets, peut-être aussi ai-je été bien imprudente. J'étais parvenue à croire que Byron m'aimait: j'exigeai davantage de lui. Fier de ma conquête, je triomphai de trop de rivales pour n'en avoir pas de jalouses; je voulus me précautionner contre une infidélité: je demandai à Byron, en public, une assiduité qui constatât mes titres au coeur de mon amant. Ce fut ce qui me perdit: on lui fit honte de son servage; les séductions ne lui manquaient pas. Ah! s'il publiait la moitié des lettres galantes qu'il a reçues! J'en ai vu une d'une dame qui lui proposait sa fille à condition qu'elle passerait elle-même par-dessus le marché. Enfin, il y en eut une plus heureuse que les autres, et je fus avertie qu'elle irait à tel jour et à telle heure chez Byron pour me supplanter; j'avais ma police, et mes espions me servaient bien; je me déguisai en voiturier, sous une grande blouse, et Fletcher ne me reconnut pas, sans cela je n'eusse pas pénétré au-delà de l'antichambre du rez-de-chaussée, tant les ordres étaient sévères; j'étais si bien instruite, que ce ne fut pas Byron que je demandai, mais la dame elle-même, comme si je venais par son ordre la chercher; j'entrais dans la chambre où je trouvai ma place prise sur le canapé comme dans le coeur de Byron. Je me découvris sans plus tarder. Connaissant tout mon empire sur mon amant, et la peur qu'il avait des scènes, je m'avançai vers la dame, la pris par le bras et la mis à la porte, en lui défendant de reparaître dans cette maison. Quand nous fûmes seuls, je déclarai à Byron que je cessais de l'aimer, que je renonçais à lui, mais qu'il n'aurait pas d'autre maîtresse sans ma permission. Jugez si un dépit aussi extravagant ne doit pas justifier un peu Byron de m'avoir traitée avec tant de rigueur.
Quelques jours après, dans un bal, on vint me proposer une walse:
«Puis-je l'accepter, demandai-je à Byron.
«—Comme vous voudrez, me répondit-il avec froideur.» Cette froideur était à mes yeux une révolte publique; j'étais décidée à le tourmenter; je walsai, mais je me trouvai mal; j'eus un accès de folie, je l'appelai, je ne voulus revenir à moi que dans ses bras; sa confusion amusa beaucoup tout le cercle des danseurs. J'étais contente de toutes ces scènes, et je ne vous les cite que pour m'en accuser amèrement. Un jour je me rendis chez Byron, il était sorti; je m'installai dans son cabinet, et apercevant le roman de Vatheck ouvert sur sa table, j'écrivis sur la première page souvenez-vous de moi: Byron était décidé à une rupture définitive, il déchira le feuillet et me le renvoya avec ces vers:
Remember thee! remember thee!
Till Lethés, etc.
«Me ressouvenir de toi! me ressouvenir de toi! Ah! jusqu'à ce que la flamme de ta vie s'éteigne dans le Lethé, le remords et la honte s'attacheront à toi, et te poursuivront comme un songe délirant. Me ressouvenir de toi! Ah! oui, n'en doute pas… et ton époux aussi s'en ressouviendra; ni l'un ni l'autre nous ne t'oublierons, femme perfide pour lui, et démon pour moi.»
«Ma réponse à ces paroles accablantes fut le roman de Glenarvon. La composition de ce livre trompa du moins ma fureur; quand il fut fini, la distraction avait produit son effet. Bientôt d'ailleurs je fus bien autrement vengée: Byron se maria. Hélas! aujourd'hui je le plains; il est plus malheureux que moi-même; car, je le connais, son exil lui pèse: l'Angleterre est son Athènes. C'est ici qu'il est lu dans sa langue natale. À chaque occasion il rentre dans la lice des discussions littéraires, religieuses ou politiques. Chaque chant de son Don Juan est un cartel envoyé à nos critiques, à nos lords, à nos femmes. Voyez, comme par ses allusions aux moeurs de la Grande-Bretagne il se transporte du fond de l'Espagne, des îles de la Grèce et de l'enceinte du sérail, dans ce climat du nord, objet de ses fausses moqueries! Soyez sûre qu'il finira par conduire son héros à Londres, et alors, gare à nous, pauvres femmes qui l'avons aimé!»
Lady Caroline était parvenue à parler en effet avec une certaine impartialité de Byron et de sa liaison avec lui. Mais au milieu de ce calme philosophique, elle sentait, comme Didon, que le trait fatal déchirait encore secrètement son sein. Elle avait aimé Byron d'imagination et de coeur: elle lui avait sacrifié sa réputation et sa conscience. Que de larmes elle devait garder en réserve pour la solitude des nuits! Au moment où je trace ces lignes, j'apprends qu'elle a cessé de vivre, et qu'elle passait depuis trois ans pour être privée de sa raison. Il m'en coûte de rapprocher ces dernières scènes de sa vie du récit de ses amours. La nouvelle de la mort de lord Byron à Missolonghi avait fait en apparence peu d'impression sur Lady Caroline. On évitait d'en parler à Brocket-Hall, M. Lamb étant alors dans le château. Un jour Lady Caroline et lui se promenaient à cheval sur la route de Nottingham: tout à coup les chevaux s'arrêtent en apercevant devant eux un long cortége noir. Des constables et des héraults ouvraient la marche; puis venait un coursier de parade richement caparaçonné en velours noir brodé d'or, conduit par deux pages et monté par un cavalier qui soutenait une couronne de lord sur un coussin cramoisi; immédiatement après roulait lentement un char attelé de six chevaux, couvert de tentures de deuil, et contenant une urne sépulcrale. La marche était fermée par d'autres voitures funèbres et une foule de cavaliers la tête baissée et l'air recueilli. C'était le convoi qui transportait à Newstead-Abbey les cendres de lord Byron. M. Lamb et lady Caroline s'étaient rangés de côté pour laisser défiler le cortége lugubre. Lady Caroline immobile, pâle et glacée, ne reconnut que trop les écussons du poète, et cette devise qu'elle avait si souvent baisée tendrement sur le cachet de ses lettres. Elle fut ramenée mourante à Brocket-Hall, et une maladie longue et sérieuse succéda à cette scène de douleur. Pendant cette maladie, un délire presque continuel avait inspiré à lady Caroline les paroles les plus étranges, expression des visions les plus horribles: la santé du corps revint seule; sa raison était restée avec ses songes. Cependant elle s'aperçut elle-même, dans quelques momens plus calmes, du désordre de ses idées. Ses souvenirs étaient si funestes qu'elle exagérait encore tout ce qu'ils devaient prêter d'extravagance à son langage dans les heures de son délire. Elle repoussa les soins de son mari, et lui déclara qu'elle ne pouvait plus le revoir qu'à de longs intervalles. «Je vous tromperais, dit-elle, je n'ai jamais cessé de l'aimer; mais désormais je serais deux fois coupable de vous rendre témoin de la préférence que je donne sur vous à une ombre. Oui, je l'aime encore, mort comme vivant; je le vois, je lui parle; il habite ce château: chassez-le ou laissez-moi seule avec lui.» M. Lamb respecta ces regrets d'une passion, criminelle sans doute, mais désormais associée à une folie qui ne méritait plus que la pitié. Il venait chaque mois saluer son épouse, et retournait le même jour à Londres. Il lui écrivait en son absence, et entrait dans toutes ses idées. La mort seule a terminé le délire de lady Caroline. On m'assure cependant que ses derniers instans ont été plus calmes. Mais n'était-ce pas chez elle l'effet du pressentiment qu'elle devait avoir de son départ pour ce monde de fantômes, où, depuis la mort de Byron, elle vivait déjà par l'imagination avec celui qu'elle avait tant aimé.