Mais le soleil descend vers l’horizon et projette l’ombre déformée du chien sur la famille des bêtes paisibles.

Alors rapides, effarés, les lézards s’enfuient, disparaissant dans les fissures de la vieille muraille, dans les trous d’ombre où ils habitaient.

Le mur reste nu et doré dans le soleil plus pâle du soir…

Agonie

Le convoi de Béchar partit vers midi, emportant des madriers et des planches.

Messaouda, la chamelle grise de Maamar-ould-Djilali, affaiblie par de longues marches, n’alla pas loin : en face de la petite palmeraie de Mélias, ses longues pattes tremblèrent brusquement et fléchirent, elle s’agenouilla avec une plainte rauque, puis elle se renversa sur le côté.

Maamar connut que sa chamelle allait mourir et il invoqua Dieu, car une grande tristesse avait étreint son cœur bédouin.

Le convoi s’arrêta. Avec des cris et des imprécations, on fit agenouiller d’autres chameaux sur lesquels on partagea la charge de la bête mourante. On lui ôta jusqu’à son petit bât triangulaire et les loques qui protégeaient sa bosse pelée. Un instant, Maamar, ses bras musclés ballants, sa tête d’aigle courbée, considéra, atterré, sa chamelle. Puis, avec un soupir, il ramassa son bâton et repartit, poussant devant lui ses deux autres chameaux, avec un sifflement bref et un ah ! guttural.

… Le jour finissait en apothéose sur la vallée lugubre, enserrée entre des montagnes sévères et de petites collines sèches, arides, sans une herbe, d’une couleur terne de fumée rousse.

Des reflets d’incendie coulèrent sur les rochers, qui prirent des teintes de braise obscure.