Puis ils continuent en idiome berbère et je ne comprends que vaguement. Ils parlent du pacha d’Oudarhir et de Sidi Bou-Amama.
Ceux que j’ai pris pour des bergers sont bien réellement des Beni-Guil dissidents, débris d’un djich quelconque dissous par la mort et par la faim, et qui arrivent peut-être de très loin, avec ces moutons acquis Dieu sait comment.
Ils viennent apporter des nouvelles de l’Ouest, peut-être du Djebel-Teldj, et se ravitailler.
… Mais le sommeil finit par me gagner, très calme et très doux, à cette heure plus fraîche de la minuit.
A l’aube mauve, dans la joie du réveil, la cour de la zaouïya est vide : les Beni-Guil se sont dissipés avec les dernières ombres.
Métiers de jadis
Une ruelle obscure aboutissant à un carrefour à ciel ouvert où coulent des reflets d’or, le long des murailles pâles : la djemaâ d’Elmaïz.
Quelques boutiques, exiguës, où on pénètre par des portes étroites comme des gueules de silos. Et là des générations de ksouriens pâlissent sur des travaux menus, sur de petits trafics monotones.
Enveloppés de laine blanche, quelques-uns penchent des fronts blancs et de grands yeux noirs sur des grimoires arabes : ce sont les scribes, hommes de loi ou écrivains publics.