… La petite fumée bleue devint plus ténue, s’évanouit. Le cierge jaune coula, s’éteignit.

L’homme en extase, en proie aux rêves inconnus, demeura immobile et muet dans les ténèbres chaudes.

*
* *

Le lendemain, je m’enquis de mon voisin. Je n’appris rien que de très banal : l’homme au zodiaque et aux incantations était d’origine allemande et exerçait la profession d’accordeur de piano.

C’est tout ce que j’ai jamais su de lui.

LE MOGHREBIN

Dans un quartier écarté de la Casbah, dans une impasse blanche et déserte, El Hadj Zoubir Et Tazi gîtait en une échoppe grande comme une armoire.

Une natte, un coussin en indienne à fleurs passées, une petite étagère chargée de vieux livres et de fioles, un coffre vert à coins de cuivre poli, un réchaud en terre, quelques humbles ustensiles de cuisine — c’était tout.

El Hadj Zoubir était vieux et bronzé, de constitution frêle, avec un fin profil d’oiseau, l’œil cave et expressif, sous d’épais sourcils grisonnants.

Il portait le costume de son pays, la djellaba de drap bleu et le petit turban blanc autour de la chéchiya rouge.