— Ta g…!

Et Hauser suivit docilement l’agent qui le mena à la gendarmerie.

CŒUR FAIBLE

Depuis la veille, le vent d’ouest avait soufflé en tempête, roulant à travers la plaine des vagues de poussière fauves. Maintenant le jour finissait et le vent s’était calmé. Seuls quelques petits tourbillons se jouaient encore, isolés, dans le rougeoiement du soir. Au nord, les monts de Figuig se voilaient d’ombre violette.

Vers l’ouest, au delà de la plaine nue, la silhouette rectiligne, puissante, du Djebel Antar se profilait, tout en or, sur la pourpre de l’horizon.

Et Djenan-ed-Dar, essai timide de vie, se tassait là, tout petit, dans la désolation et l’immense stérilité d’alentour.

A gauche, sur la hauteur, la nouvelle redoute, grise, morose, solitaire. Puis, les cônes blancs, rosés par le soleil couchant, des tentes où gîtent les tirailleurs et la légion étrangère… Plus bas, les bâtiments blanchis du cercle des officiers, accaparant la seule tache de verdure, quelques dattiers échevelés, groupés en une famille verte tranchant sur le fond rougeâtre du sol.

A droite, vers l’ouest, la vieille redoute et le « village », masures basses et frustes enfouie participant de la teinte ocreuse du décor.

Des chevaux, têtes basses, s’en allaient à l’abreuvoir, et quelques légionnaires, déjà ivres, tombaient, s’appelant de loin.

Pendant un instant, deux chameaux passèrent sur le feu de l’horizon, silhouettes noires et anguleuses.