Mais là-bas, le vieil homme des horizons larges souffrit de l’oppression des murs blancs, de l’espace limité…

Et ce lit trop moelleux lui sembla moins doux et moins sûr que la terre, la bonne terre dont il avait l’accoutumance.

L’ennui le prit, avec la nostalgie de la route libre. Il sentit que, s’il restait là, il mourrait tristement, sans même la consolation des choses dont son œil avait l’habitude.

Avec dédain, on lui rendit ses loques sordides… Mais il ne put marcher longtemps et resta affalé, en ville.

Un agent de police l’aborda, lui offrant son aide. Le cheminot répondit :

— Si tu es musulman, laisse-moi, de grâce… Je veux mourir dehors… dehors ! Laisse-moi.

Et, avec le respect de sa race pour les pauvres et pour les fous, l’agent s’éloigna.

Alors, dans la nuit tiède, le cheminot se traîna hors de la ville hostile et s’endormit sur l’herbe douce, au bord d’un oued qui murmurait à peine.

Sous l’obscurité amie, dans le grand vide d’alentour, le cheminot goûta l’adoucissement du repos non troublé.

Puis, comme il se sentait plus fort, il repartit de nouveau droit devant lui à travers les champs et la brousse.