[16] Mokhazni, cavalier d’administration.
[17] Chenâbeth, pluriel, par formation arabe, du mot sabir Chambith, garde champêtre.
— Osbor !… Patiente…
Le fellah courbait la tête, retournait à sa place, murmurant :
— Il n’est d’aide et de force qu’en Dieu le Très Haut !
Mohammed Achouri réfléchissait et, maintenant, il doutait, il regrettait d’avoir cédé ses terres. Son cœur de paysan saignait à la pensée qu’il n’avait plus de terre…
De l’argent ?
D’abord, combien lui en donnerait-on ?… puis, qu’en ferait-il ? où irait-il acheter un autre champ, à présent qu’il avait vendu le lopin de terre nourricière ?…
Enfin, vers neuf heures, le caïd des Ouled-Bou-Naga, un grand jeune homme bronzé, au regard dur et fermé, vint procéder à l’appel nominatif des gens de sa tribu… Un papier à la main, il était debout sur le seuil des bureaux. Les fellahs s’étaient levés avec une ondulation marine de leurs burnous déployés… Ils voulurent saluer leur caïd… Les uns baisèrent son turban, les autres son épaule. Mais il les écarta du geste et commença l’appel. Son garde champêtre, petit vieillard chenu et fureteur, poussait vers la droite ceux qui avaient répondu à l’appel de leur nom, soit par le « naâm » traditionnel, soit par : « C’est moi… » Quelques-uns risquèrent même un militaire « brésent ! » (présent).
Après, le caïd les conduisit devant les bureaux qu’ils désignent du nom générique de « Domaine » (recette, contributions, domaines, etc.).