Pantaleone posa la bouteille à terre, trottina hors de la chambre et revint peu après muni d'une brosse à habits et d'une brosse à cheveux.

Un caniche à poils frisés entra en agitant vivement sa queue, et regarda plein de curiosité le vieux, la jeune fille et même Sanine, de l'air de quelqu'un qui se demande ce que signifie tout ce remue-ménage.

Sanine, d'un tour de main, eut déboutonné la jaquette du jeune garçon, ouvert le col de la chemise et retroussé les manches, puis saisissant une brosse, il se mit à frictionner de toutes ses forces la poitrine et les mains.

Pantaleone s'empressa avec non moins de zèle à frictionner les bottes et le pantalon de l'enfant, tandis que la jeune fille, à genoux, près du divan, prenait entre ses mains la tête du malade, et sans remuer une paupière couvait du regard le visage de son frère.

Sanine frictionnait sans relâche, mais du coin de l'œil observait la jeune fille.

—Dieu! qu'elle est belle! pensait-il.

III

Le nez de la jeune fille était un peu grand, mais d'une belle forme aquiline; un léger duvet ombrait imperceptiblement sa lèvre supérieure; son teint était uni et mat—un ton d'ivoire ou d'écume blanche;—les cheveux étaient onduleux et brillants comme ceux de la Judith d'Allori au palais Pitti,—les yeux surtout étaient remarquables, d'un gris sombre, l'iris encadré d'un liseré noir—des yeux splendides, triomphants, même à cette heure où l'effroi et la douleur en assombrissaient l'éclat.

Sanine songea involontairement au beau pays d'où il revenait.

Cependant, même en Italie, il n'avait pas rencontré une telle beauté!