—Je ne vous savais pas encore ici.

—Sanine Dmitri Pavlovitch, un ami d'enfance, dit Polosov, sans bouger de sa place et en montrant Sanine du doigt.

—Oui, je sais… Tu m'as déjà parlé de lui… Je suis enchantée de faire votre connaissance… Mais je suis venue pour te demander un service, Hippolyte Sidorovitch… Ma femme de chambre est si maladroite aujourd'hui.

—Tu veux que je donne un coup de main à ta coiffure…

—Oui, oui, je t'en prie. Excusez-moi, répéta Maria Nicolaevna avec le même sourire.

—Elle fit un signe de tête à Sanine, pirouetta sur elle-même et disparut dans l'autre chambre en laissant l'impression rapide mais harmonieuse d'un cou exquis, d'épaules splendides et d'une taille admirable.

Polosov se leva—et se balançant lourdement suivit sa femme dans l'autre chambre.

Sanine ne douta pas un instant que la jeune femme sût parfaitement qu'il se trouvait dans le salon du «prince Polosov», et que cette petite comédie avait été jouée à son intention, pour montrer des cheveux qui valaient d'ailleurs la peine d'être vus.

Sanine fut content de l'apparition de la jolie dame.

«Si elle a voulu m'éblouir par sa beauté, pensa-t-il, qui sait, peut-être se montrera-t-elle coulante pour l'achat de la propriété.»