—Une étrangère!

—Vous venez de faire sa connaissance à Francfort?

—Oui, madame, à Francfort.

—Et peut-on savoir qui est cette jeune fille?

—Certainement. Elle est la fille d'un confiseur.

Maria Nicolaevna ouvrit les yeux tout grands et arqua ses sourcils.

—Mais c'est charmant! dit-elle d'une voix posée; c'est délicieux!… Et moi qui croyais qu'on ne peut plus trouver en ce monde des hommes comme vous… La fille d'un confiseur!

—Je vois que cela vous étonne? dit Sanine, non sans dignité… mais, d'abord, je n'ai point de préjugés…

D'abord cela ne m'étonne nullement, s'écria Maria Nicolaevna en l'interrompant—des préjugés, je n'en ai pas non plus… Je suis moi-même la fille d'un moujik!… Eh bien! non, vous ne m'avez pas épatée! Ce qui m'étonne et me réjouit, c'est de voir un homme qui n'a pas peur d'aimer… Vous l'aimez?…

—Oui, madame.