Elle demanda ensuite à Sanine s'il connaissait le Freischutz, s'il aimait Weber, et elle ajouta que, bien qu'elle fût Italienne, elle préférait cette musique à toute autre.
La conversation passa de Weber à la poésie et au romantisme, puis à
Hoffmann, qui était fort à la mode à cette époque.
Pendant ce temps Frau Lénore dormait toujours, ronflant même quelque peu, et les rayons du soleil qui glissaient entre les persiennes en bandes étroites, de plus en plus obliques, se promenaient sans cesse effleurant le plancher, les meubles, la robe de Gemma, les feuilles et les pétales des fleurs.
XII
Gemma ne goûtait pas beaucoup Hoffmann et même elle le trouvait ennuyeux!
Sa nature claire de méridionale restait réfractaire au côté brumeux et fantastique du conteur.
—Tous ces contes sont bons pour les enfants! disait-elle non sans dédain.
Elle se plaignait aussi du manque de poésie d'Hoffmann. Pourtant une de ses nouvelles lui plaisait beaucoup, tout au moins le commencement, car elle en avait oublié la fin, si même elle l'avait lue.
C'était l'histoire d'un jeune homme qui rencontre par hasard, peut-être dans une confiserie—une jeune fille d'une grande beauté, une Grecque. Elle est accompagnée d'un vieillard mystérieux et bizarre.
Le jeune homme tombe amoureux à première vue de la jeune fille, et elle le regarde d'un air suppliant, comme pour lui demander de la délivrer…