—En tout cas, je dois vous remercier, dit-il d'une voix mal assurée, de ce que dans mon humble situation actuelle vous avez reconnu en moi un galant'uomo… En agissant ainsi vous avez prouvé que vous êtes vous-même un galant'uomo… Maintenant je vais réfléchir à votre proposition.
—Nous n'avons pas beaucoup de temps, devant nous, cher monsieur Ci…
Cippa…
—tola… ajouta le vieillard. Je ne demande qu'une heure de réflexion… Il y va de l'avenir de la fille de mes bienfaiteurs… C'est pourquoi il est de mon devoir de réfléchir… Dans une heure, dans trois quarts d'heure je vous apporterai ma réponse.
—Bon, je vous attendrai.
—Et maintenant quelle réponse dois-je porter à la signorina Gemma?
Sanine prit une feuille de papier et écrivit:
«Soyez tranquille, dans trois heures je viendrai vous voir et je vous raconterai tout. Merci de toute mon âme pour votre sympathie.»
Il plia le billet et le remit à Pantaleone.
Le vieillard le serra soigneusement dans sa poche en répétant: «Dans moins d'une heure!» Arrivé à la porte, Pantaleone se retourna brusquement, revint sur ses pas, courut vers Sanine, saisit la main du jeune homme et la pressant contre son jabot, cria en levant les yeux au ciel:
—Noble jeune homme! Grand cœur! (Nobil giovanotto! Gran cuore!)—Permettez à un faible vieillard de serrer votre valeureuse main droite (la vostra valorosa destra).