[103] Dangeau, qui ne quittait presque jamais Louis XIV, donne dans son journal une version à peu près semblable à celle-ci, dans laquelle on trouve aussi cette phrase: «Je vous donne le père Letellier pour confesseur.»
[104] Le catalogue de la bibliothèque de madame de Pompadour, recherché encore aujourd'hui des bibliographes, contient 3,535 articles de livres, 235 de musique, 36 d'estampes. Il est terminé par une table des auteurs et orné de son portrait. La marquise n'avait pas en tout dix volumes latins, y compris un Épinicion, en l'honneur de milord Pot-au-feu, et l'Horace gravé en 1733, exemplaire auquel était jointe une explication française manuscrite des figures. Les grands auteurs grecs et latins n'existaient qu'en traductions dans cette bibliothèque; qui, à la réserve tout au plus de dix articles, se composait de livres français et italiens. Il paraît, au reste, qu'on avait distrait quelques articles, car on n'y a pas trouvé l'exemplaire de l'Abrégé chronologique du président Hénault, donné par l'auteur à Voltaire, puis offert par celui-ci à madame de Pompadour. Il avait écrit sur la première page quelques vers, dont les premiers seulement ont été conservés:
Le voici ce livre vanté;
Les Grâces daignèrent l'écrire
Sous les yeux de la Vérité:
Et c'est aux Grâces de le lire.
[105] Collin était le factotum de madame de Pompadour.
[106] Madame Duhausset donne toujours à madame de Pompadour le nom de Madame.
[107] Louis XV avait eu déjà, avant 1755, quelques rendez-vous galants, soit dans cette maison louée probablement avant d'en faire l'acquisition, soit dans quelque autre de ce quartier, car on lit dans le journal de l'avocat Barbier, à la date du mois de mars 1753, que le bruit courait dans Paris qu'une jeune fille de seize ans avait été logée au Parc aux* Cerfs pour l'amusement du roi; et dans une note des Mémoires de madame Duhausset: Quelquefois on a changé de maison et de quartier, mais sans renoncer à l'ancienne maison.
[108] Cela est confirmé par une note qu'on trouve dans les Mémoires de madame Duhausset:
«Un commissaire de la marine, nommé Mercier, qui avait eu part à l'éducation de l'abbé de Bourbon, avait plus de connaissance qu'aucun autre sur cet établissement; et voici ce qu'il a dit à un de ses amis: «La maison était de très-peu d'apparence; il n'y avait en général qu'une seule jeune personne; la femme d'un commis du bureau de la guerre lui tenait compagnie, jouait avec elle, ou travaillait en tapisserie. Cette dame disait que c'était sa nièce; elle la menait, pendant les voyages du roi, à la campagne.» Et plus loin, madame Duhausset dit encore: «Il n'y en avait au reste que deux en général, et très-souvent une seule. Lorsqu'elles se mariaient, on leur donnait des bijoux et une centaine de mille francs. Quelquefois le Parc aux Cerfs était vacant cinq et six mois de suite.»
[109] Ou trouve ce qui suit dans un écrit récent intitulé le Château de Luciennes, de M. Léon Gozlan: «Le Parc aux Cerfs, qui est encore mal connu, était un endroit solitaire, silencieux, lugubre comme un abattoir. C'est là que le roi, sans suite et à l'entrée de la nuit, allait commettre ses plaisirs. Il en avait tellement pris l'habitude qu'il avait fini par se croire quitte envers Dieu et les hommes en dotant les jeunes filles flétries dans cet antre.—Le Parc aux Cerfs coûtait près de cent soixante-dix mille francs par mois, ce qui fait pour trente années d'existence plus de cent cinquante millions.» Où l'auteur a-t-il puisé ces renseignements?
[110] La bibliothèque de la ville de Versailles possède aujourd'hui la plus grande partie des papiers concernant madame du Barry, formant quinze dossiers. Ces papiers donnent les renseignements les plus détaillés sur sa famille, sa fortune, sa liaison avec de grands personnages, les procès de ses héritiers, etc.