Livres.
23.En tableaux et autres fantaisies60,000
24.La dépense de la bougie, pendant dix-neuf ans660,000
25.La dépense des fallots et chandelles150,000
26.En belles juments, voitures,chaises à porteurs,
chevaux de selle, quoi qu'en ait dit le Gazetier d'Utrecht, en tout
1,800,000

Nous ne savons ce qu'a pu dire le Gazetier d'Utrecht à l'occasion des chevaux de madame de Pompadour, car nous avons inutilement cherché ce qui pouvait avoir trait à cette question dans la collection de cette gazette que possède la bibliothèque de Versailles. Ce qu'il y a de certain, c'est que madame de Pompadour aimait beaucoup les chevaux; qu'elle fit acheter de fort beaux étalons dans plusieurs pays, et les réunit dans sa terre de Pompadour, où elle fonda le superbe haras qui existe aujourd'hui, et qu'en 1763 M. de Choiseul fit transformer en haras royal:

Livres.
27. Fourrages, fourniture de mes chevaux pendant dix-neuf années 1,300,000
(Cette somme montre que madame
de Pompadour devait avoir, en effet,
un assez grand nombre de chevaux.)
28. Pour toute ma livrée, dans toutes mes maisons 250,000
29. Pour achat de Crécy 650,000
30. Achat de la Celle 260,000
31. Achat d'Aunay 140,000
32. Achat de la baronnie de Tréon 80,000
(Tréon est auprès de la terre de Crécy.)
33. Achat de Magenville 25,000
34. Achat de Saint-Remy 24,000
35. Achat d'Ovillé, à moitié chemin d'Orléans 11,000
36. Achat de l'hôtel d'Évreux, à Paris650,000
37. Achat du terrain à côté dudit hôtel80,000
38. Dépensé à Champs, pendant l'espace de trois ans200,000
(Champs est un village du département
de Seine-et-Marne, dans lequel
se trouvait une fort jolie habitation.)
39. Dépensé à Saint-Ouen pendant l'espace
de cinq ans, sans faire les réparations
constatées par la maison de Gesvres.
500,000

Saint-Ouen ne paraît pas avoir appartenu à madame de Pompadour, mais elle en avait la jouissance; et, comme on le voit par cet article, elle y fit faire des embellissements qu'elle paya de ses propres fonds.

Dans cette nomenclature des richesses de madame de Pompadour, l'auteur du manuscrit ne dit rien du château de Ménars, qui appartenait aussi à la marquise; on trouve seulement dans le journal de ses dépenses, en marge de l'année 1760: Achat de Ménars. Cette propriété paraît avoir été payée par elle sur ses revenus annuels et par petites sommes, car on trouve indiquées dans les années 1760, 1761, 1762, 1763, un assez grand nombre de sommes, sous le titre: Gratification pour Ménars.

Enfin, cette partie se termine par un dernier article, intitulé:

40.Médailles d'or et d'argent.400,000 liv.

Puis, à la suite, l'auteur ajoute quelques réflexions assez curieuses:

«D'après toutes ces dépenses énormes, dit-il, voici un fait que personne ne voudra croire, qui est qu'à sa mort l'on n'ait trouvé à cette femme que 37 louis d'or dans sa table à écrire, qu'elle avait destinés pour les pauvres.»

«Autre fait incroyable, ajoute-t-il, lâché par Collin[105], c'est que pendant sa maladie il fut obligé d'emprunter 70,000 l. pour faire face à la dépense. Ce fait détruit entièrement l'imposture, qui est qu'on a prétendu qu'elle avait dans toutes les banques de l'Europe, et elle se trouve devoir après sa mort la somme de 1,700,000 l.»