François tira de la poche de son veston les quatre cents dollars qu'il déposa sur la table en disant: «Voici le produit des trois peaux!»
—Quatre cents dollars! s'écrièrent à la fois le curé et Jean-Charles!
—Oui! M. Normandeau m'a dit que ces peaux avaient à ses yeux une valeur inestimable.
Mais ce n'est pas tout. M. Normandeau m'a donné cent dollars, et comme je ne voulais pas les accepter, il m'a menacé de se fâcher montre moi. J'avais bien raison, n'est-ce pas? de vous dire tantôt, que je ne méritais pas vos remerciements, puisque j'ai été récompensé au centuple pour des démarches que le devoir m'obligeait de faire.
—Vous êtes le plus généreux des hommes! dit Jean-Charles.
—Certes, oui! confirma le curé; et le serviteur le plus dévoué et le plus honnête que je connaisse!
En voyant l'argent sur la table, François pensa tout à coup au clerc notaire, et un frisson agita tout son être. Alors il prit les billets et les remit au curé en disant: «Cet argent, il est vrai, appartient à M. Lormier, mais comme sa maladie le rend incapable d'en disposer lui-même, pour le moment, je vous prierais, M. le curé, de bien vouloir placer les quatre cents dollars à la banque au nom de notre malade.»
—Bien volontiers, dit l'abbé Faguy, en serrant les billets dans son portefeuille.
Et le vieux serviteur respira librement...
—Il est cinq heures, maintenant, dit François, en s'adressant au curé: allez donc vous reposer pendant que je resterai auprès de M. Lormier.