—Ha bien! je proteste de toutes mes forces! s'écria Jean-Charles. Non, mille fois non! mon bon M. Latour! Je ne peux pas et je ne dois pas accepter un pareil sacrifice de votre part...
—Pourquoi donc, M. Lormier? Je ne suis qu'un serviteur, c'est vrai, mais je n'ai pas besoin de cet argent, moi! J'ai, ici, le gîte, le vêtement, la nourriture et mes gages par dessus le marché. Puis je suis à la veille de mourir, et je n'ai pas d'héritiers naturels. Pourquoi refuseriez-vous à un vieillard, qui a déjà un pied dans la tombe, la satisfaction et l'honneur de contribuer à une bonne oeuvre?...
—Acceptez! acceptez! insista le curé. Je suis sûr que cette contribution portera bonheur et au donateur et au donataire!
Jean-Charles voulut parler, mais l'émotion qu'il ressentait le rendait incapable d'exprimer une seule parole.
Prenant les mains bienfaitrices du prêtre et du vieillard, il y déposa un baiser respectueux et une larme de reconnaissance.
Maintenant, dit le curé, mettons notre entreprise sous la protection de la Sainte-Vierge, et tout ira bien!
UN DOUBLE COMPTE DE MÉDECIN
Depuis trois semaines, Victor gardait sa chambre.
Une désolante solitude s'était faite autour de lui. Seul le Dr Lamouche était venu chaque jour lui apporter des soins et des distractions. Notre étudiant s'indignait de cet abandon des amis.
Les lâches! se disait-il; moi qui ai jeté l'argent à pleines mains pour leur procurer toutes sortes de plaisirs! Moi qui me suis sacrifié pour eux en mille circonstances! Ah! les lâches! les ingrats!