Il s'agit d'un discoure que le président doit prononcer le lendemain dans les deux écoles de la paroisse.

L'orateur se promène majestueusement, fait des efforts de mémoire, se donne de l'importance. Mais, tout à coup, au beau milieu d'une période, il se perd, attend le mot, se retourne et... au lieu du mot qui reste dans la gorge de Jean-Charles, il entend une joyeuse voix qui lui jette ce cri: «Bonjour, cher papa!»

—Bonjour, ma petite Corinne! dit le bourgeois, en rendant à la jeune fille baisers et caresses; ta sauté est bonne, j'espère?

—Oui, cher papa, excellente!

—Tu dois être bien fatiguée, et de l'étude et du voyage, ma petite Corinne?

—Non, cher papa, pas trop! Le voyage a été charmant; je suis revenue de Montréal avec mes deux aimables compagnes, Antoinette et Marie-Louise Lormier.

—Ah! avec les soeurs de M. Lormier que ta vois ici, et que tu connais sans doute?

La jeune fille resta un peu confuse en présence de Jean-Charles qu'elle n'avait pas remarqué.

—Oui, dit-elle, j'ai eu l'honneur de connaître M. Lormier autrefois.

Jean-Charles s'était levé, et, ayant salué la jeune fille, il lui dit: