—Veuillez vous asseoir, mon cher M. le notaire, dit M. de LaRue.

—Me permettez-vous, M. de LaRue, dit Jean-Charles, de reprendre la conversation au point où elle était tantôt?

—Oui, sans doute, mais soyez bref, car... c'est bon... parlez!

—Il vous répugne, disiez-vous, d'avoir pour gendre un simple habitant comme moi. Mais ne sommes-nous pas tous des fils d'habitants?

—Vous savez que je n'ai pas assez d'instruction pour pouvoir discuter avec vous ces histoires-là; mais je vous dirai que la fille d'un futur député ne doit pas et ne peut pas épouser un homme qui est sans profession... et de plus, pour en finir, j'ajouterai que j'ai donné mon consentement à votre frère, M. le notaire Victor, qui m'a fait l'honneur de me demander ma fille en mariage...

—Et moi je refuse formellement de donner mon consentement au mariage de ma fille avec ce chercheur d'aventures! dit Mme de LaRue, en entrant avec Corinne dans le cabinet du futur député...

—Et moi, ajouta Corinne, permettez-moi de dire, mon cher papa, que j'éprouve pour ce petit notaire le plus souverain mépris!

—Venez avec nous, dit de Mme LaRue, en prenant le bras de Jean-Charles.............. .............................................

—Il ne me reste plus qu'à me retirer, je suppose? fit le notaire, en prenant sa canne, ses gants et son chapeau de soie...

—Pardon, M. le notaire, pardon! Il ne faut pas abandonner la partie si vite que cela! Je vous ai dit que je serais impitoyable, et je vous répète que je le serai jusqu'à la fin... Je ne donnerai jamais mon consentement à ce mariage, et je sais que ma fille respecte trop ma volonté pour se marier contre mon gré. Veuillez vous rappeler que «tout vient à point à qui sait attendre»; avec le temps et la patience, nous viendrons à bout de tout...