—Courage, mon enfant, dit le prêtre; je vais aller chercher la sainte hostie; préparez-vous par la prière à recevoir le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
—Hélas! M. le curé; je ne sais plus une seule prière! murmure tristement le moribond...
—Prenez ce crucifix, mon enfant, et, en le regardant, dites, du fond de votre coeur: «Doux coeur de Jésus, miséricorde!»
Le curé, en sortant, souffle quelques mots à l'oreille du Dr Chapais, et prend sa course vers l'église.
Le docteur vient s'asseoir auprès du blessé, et, tout en lui prodiguant des soins, il écrit à la hâte quelques lignes sur une feuille de papier.
Au bout d'un quart d'heure, les sons argentins, d'une clochette annoncèrent que le prêtre entrait dans cette demeure. Tous les assistants se jetèrent à genoux en s'inclinant respectueusement sur le passage du prêtre qui portait le corps sacré du divin consolateur.
A ce moment, le blessé fut saisi d'un tremblement convulsif, puis il eut un évanouissement qui inspira au prêtre et au médecin les plus grandes craintes; mais il reprit presque aussitôt ses sens et on l'entendit réciter d'une voix sifflante cette belle invocation: «Doux coeur de Jésus, miséricorde!»
Il reçut le saint viatique avec une piété touchante.
Après avoir administré au moribond tous les secours de notre sublime religion, le curé lui dit: «Mon enfant, avant de quitter ce monde, il vous reste un devoir à remplir envers votre frère. Certaines gens supposent qu'un meurtre a été commis sur votre personne, et que le meurtrier est votre frère, Jean-Charles.
Vous m'avez dit, avant de faire votre confession, que vous avez été victime d'un simple accident, et que votre frère vous a blessé en vous arrachant l'arme avec laquelle vous vouliez le tuer. Eh bien! voulez-vous signer cette déclaration que j'ai fait préparer par le Dr Chapais, et qui me parait être l'expression de votre pensée? Je vais vous la lire: