L'abbé Faguy, ce coeur pourtant si fort et qui savait si bien consoler les autres dans leurs afflictions, se montrait inconsolable de la disparition de son ami.

L'hypothèse de la noyade lui paraissait absurde: Jean-Charles était trop habile nageur; et d'ailleurs on aurait retrouvé son corps.

Il se représentait nettement la situation: Jean-Charles a dû croire que la balle avait tué son frère instantanément, et, craignant d'être arrêté et condamné comme assassin, il aura fui à l'étranger pour se soustraire à la justice.

Que d'innocents, hélas! ont été condamnés simplement sur des preuves de circonstances...

L'abbé Faguy espérait, cependant, que Dieu lui permettrait de retrouver bientôt le fugitif, afin de le rassurer et de le consoler.

Mais Dieu, dont les desseins sont aussi justes qu'impénétrables, en avait décidé autrement.

Jean-Charles devait boire jusqu'à la lie le calice de douleur...

L'EXIL

Que de fois appuyé sur sa bêche immobile,

Fixant sur l'horizon son oeil doux et tranquille,