Il se résolut à mourir.. Mais au-dessus, bien au-dessus de cette résolution flottait toujours cette pensée: revoir la patrie!
Que de fois appuyé sur sa bêche immobile,
Fixant sur l'horizon son oeil doux et tranquille,
Il semblait contempler tout un monde idéal.
Oh! sa jeunesse alors, avec sa sève ardente,
Déroulant les anneaux de cette vie errante,
Lui montrait le pays natal!
Mon Dieu! qu'il souffrait le pauvre exilé!
Il faut que je parte! se dit-il; car je sens que je mourrai bientôt si je reste sur cette terre d'exil, et je n'ai pas le droit d'abréger ainsi mes jours.
J'irai me livrer à la justice de mon pays, laissant à mes amis le soin de faire reconnaître mon innocence... et, avant de partir, j'écrirai à l'abbé Faguy pour lui annoncer mon prochain retour.. Écrire à M. l'abbé Faguy?... Pauvre insensé que je suis! se reprocha-t-il. Que de lettres, depuis quinze ana, n'ai-je pas écrites à ce vénérable ami, sans jamais oser les confier à la poste, de crainte qu'elles ne fussent interceptées! M. l'abbé Faguy doit être mort aujourd'hui, car le cher homme avait une santé si délicate...