L'abbé Lormier ne s'était pas rendu compte tout d'abord de la gravité de son état. L'excitation avait paralysé la douleur, mais elle se réveilla d'une manière intense quand il enleva, ses vêtements.
Son corps était couvert de plaies... Il ne lui restait plus un seul cheveu, et sa figure était affreusement brûlée et tuméfiée...
Les brûlures le faisaient terriblement souffrir, mais le coeur paraissait être le siège principal de ses souffrances.
Il en parla aux médecins, qui lui dirent, après l'avoir examiné, qu'il était atteint d'une hypertrophie du coeur; puis ils ajoutèrent:
—Vous pouvez remercier Dieu, si vous n'avez pas été foudroyé!
L'abbé Lormier se rappela alors ce que lui avait dit le Dr Chapais, autrefois, et il se reprocha, d'avoir douté de la science de son vieil ami.
Notre héros inspira longtemps à ses médecins et à l'abbé Foley les plus vives inquiétudes; mais grâce à leurs bons soins et aux prières ferventes des fidèles, il put, au bout de trois mois, quitter la chambre et reprendre quelques unes de ses divines fonctions.
Mais il était excessivement faible, et sentait que ses forces l'avaient abandonné pour toujours!
De plus son oeil gauche avait tellement souffert à l'incendie, qu'il ne pouvait plus s'en servir.
«Bah! se dit-il, j'ai bien sacrifié un doigt à la patrie, au feu de Châteauguay; je devais, au moins, sacrifier un oeil à Dieu, au feu de notre église...»