Il se tint debout, les mains jointes sur la poitrine.
La supérieure présenta à la vieille épouse du Christ la formule qu'elle devait lire, mais qu'elle n'avait pas encore vue.
La pieuse jubilaire prit le document, mais en voulant se mettre à genoux pour en faire la lecture, on crut qu'elle allait s'évanouir. Elle n'avait pas dormi de la nuit, et elle était si faible, que les religieuses avaient été obligées de la transporter à la chapelle dans une chaise roulante... Il lui fut permis de rester assise.
Alors, d'une voix faible, mais assez intelligible, elle lut:
«Je, soeur Sainte-Agnès de Jésus, née Corinne de LaRue....................................
En entendant prononcer ce nom, pour la première fois depuis un demi-siècle, et par celle qui le portait, l'abbé Lormier tressaillit et son coeur battit à se rompre; mais il ferma les yeux et éleva ses pensées vers l'Éternel.
La religieuse continuait sa lecture:
«................désire ardemment renouveler mes voeux.
Seigneur-Jésus, que j'ai choisi, il y a cinquante ans, pour mon céleste époux, sous la protection de votre glorieuse et immaculée mère, je renouvelle les voeux que j'ai faits à votre divine majesté, de garder pauvreté, chasteté et obéissance.
Ce joug de la vie religieuse que je porte depuis cinquante ans, est pour moi plus doux, plus léger que jamais, et je n'ai, ô Seigneur, qu'un seul regret, c'est de ne pas avoir assez fait pour répondre à la grande faveur de ma sainte vocation.