--François! cria Henriette, je croyons que môsieu et môdame étiont mâlades... Allons voêr dans le jardin.
François comprit du premier coup d'oeil la cause de cette exaltation, et il se mit à applaudir de ses larges mains.
Henriette, elle, que finit par comprendre à son tour, dit, en pleurant de joie:
--C'étiont le plus biau jour de mâ vie!
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Deux semaines plus tard, après avoir vendu la villa «Vilhelm», accompli plusieurs actes de charité, et remercié chaleureusement le Révérend Père Schultz, leur véritable sauveur, le lieutenant Aubry et sa soeur reprenaient, l'âme en fête, le chemin du pays natal.
Leur première visite, en arrivant à Paris, fut pour Madame la comtesse de Frontenac, qui résidait à l'Arsenal, où le duc Du Lude, grand maître de l'artillerie, lui avait donné une hospitalité viagère.
La comtesse les accueillit de la manière la plus cordiale et leur remit les précieux documents qui les réhabilitaient dans tous leurs droits.
Aubry et sa soeur surent trouver les mots justes en exprimant leur gratitude à cette noble femme qu'il se reprochaient encore d'avoir si sottement calomniée.
--N'en parlons plus, voulez-vous? fit la comtesse avec son fin sourire.