«Je vous communiquerai toutes les pièces officielles qu'on a bien voulu me remettre relativement à votre mise ne liberté.

«Avant de venir me voir, le Révérend Père Schultz avait écrit à Monsieur le comte de Frontenac pour implorer son pardon en votre faveur.

«La réponse du Gouverneur du Canada ne se fit pas attendre.

La voici: Je pardonne de grand coeur à ces malheureux compatriotes, parce que je crois comme vous à leurs regrets sincères. Ils ont déjà réparé leurs fautes par une conduite que je ne puis m'empêcher d'admirer.

«Puissent-ils désormais faire honneur aux beaux noms qu'ils portent et servir fidèlement le roi et la France!»

«Inutile d'ajouter que moi aussi, je vous pardonne volontiers tout le tort que vous avez voulu me causer.

«Agréez, avec mes meilleurs souhaits, l'assurance de mon humble protection quand vous serez de retour dans notre cher pays.»

ANNE DE LA GRANGE,

Comtesse de Frontenac.

Je renonce à décrire ce que ressentaient en ce moment Aubry et sa soeur. Ils riaient, pleuraient, se félicitaient, s'embrassaient ou faisaient des pas mesurés dans les allées en s'accompagnant de la voix. Cette nouvelle inattendue les avait jetés dans un vrai délire!