--De qui donc peut-elle venir! se demandant tout haut madame DeBoismorel en examinant curieusement l'enveloppe qu'elle hésitait à ouvrir.
--De Madame la comtesse de Frontenac! s'écrie son frère qui avait déjà ouvert et lu sa lettre.
--La comtesse de Frontenac! répondit comme un écho madame DeBoismorel...
Oui, ces lettres venaient bien de la comtesse de Frontenac et elles étaient rédigées à peu près dans les mêmes termes.
Voyons ce que la «Divine» écrivait à Paul Aubry:
Paris, 27 avril 1696.
«Mon cher lieutenant,
«Je suis heureuse de vous informer qu'à la sollicitation pressante du Révérend Père Schultz, curé de l'église Saint-Michel, à Munich, où vous et votre soeur résidez depuis six ans, j'ai demandé votre grâce à notre illustre roi, et que Sa Majesté me l'a accordée sans aucune réserve.
«Munie de cette haute autorisation, j'ai fait les démarches requises auprès du tribunal qui avait prononcé l'arrêt contre vous et madame DeBoismorel, et j'ai eu le bonheur de faire rescinder la sentence qui vous condamnait tous les deux à douze ans d'exil, en dehors de la France et du Canada.
«Donc, à dater de ce jour, vous êtes libre, et vous pourrez, si vous le désirez, reprendre votre service dans la marine.