Rue de l'Arcade. Elle donne d'un bout dans la rue de Nazareth, de l'autre dans la cour du Palais, et doit son nom à la voûte qui sert de communication aux bâtiments de la chambre des comptes. Elle se nommoit autrefois rue de Jérusalem, et l'on présume que ce nom lui venoit de l'hospice où saint Louis logeoit les pélerins qui alloient à Jérusalem ou qui en revenoient[618].

Rue de la Barillerie. Elle commence à la descente du pont Saint-Michel, et finit à la rue Saint-Barthélemi. En 1398, la partie de cette rue qui commence à celle de la Calendre se nommoit rue du Pont-Saint-Michel[619]. Dès l'an 1280 elle est appelée Barilleria. Guillot la nomme la grant Bariszerie. Ce surnom de grande a pu lui être donné pour la distinguer d'une ruelle de la Barillerie qui lui étoit parallèle, et alloit de la rue de la Calendre à la rivière. Celle-ci est maintenant coupée et couverte de maisons.

Rue Saint-Barthélemi. Elle continue la rue de la Barillerie, et finit à la place du pont au Change. On ne la distinguoit point de cette dernière au quatorzième siècle. Cependant dès 1220 on lui trouve le nom qu'elle porte encore aujourd'hui[620].

Rue de Basville. On a donné ce nom à une communication de la cour Neuve à celle de Lamoignon, construite par les ordres de Guillaume de Lamoignon, premier président et seigneur de Basville.

Rue de la Calendre. Elle donne d'un bout dans la rue de la Barillerie, et de l'autre dans la rue du Marché-Palu, vis-à-vis celle de Saint-Christophe. Elle portoit ce nom dès 1280; mais on ignore s'il lui venoit d'une enseigne ou si elle le devoit à quelque famille[621]. On trouve dans le censier de saint Éloi de 1343, une maison qui fut à Jean de la Kalendre[622]; une autre indiquée sous le même nom en 1351; et dans celui de 1367, la maison à Nicolas le Kalendreur, où souloient être les lions du roi. Cependant elle n'a pris ce nom que vers le milieu du treizième siècle, et avant cette époque on la voit désignée dans les titres sous la dénomination générale de Via quâ itur à Parvo ponte ad plateam Sancti-Michaelis.

Rue des Trois-Canettes. Elle donne d'un bout dans la rue de la Licorne, et de l'autre dans celle de Saint-Christophe. Elle est désignée sous les deux noms de la Pomme Rouge et des Canettes, dans un arrêt du 4 juillet 1480[623]. Sauval rapporte l'extrait d'un compte de 1421[624], où est indiquée une rue de l'Homme Sauvage, dont la situation annonce de l'identité avec celle-ci. Le peuple a souvent substitué à l'ancien nom des rues celui d'une enseigne ou d'une maison plus remarquable.

Rue des Carcaisons. Elle aboutit à la rue de la Calendre et au Marché-Neuf. Ce nom, dont on ne peut découvrir l'origine, n'a jamais varié que dans la manière de l'écrire, Sauval l'appelle d'Escarcuissons, d'autres, des Carquillons, des Carcuissons ou Carcaissons. Il y a dans cette rue un cul-de-sac du même nom.

Rues Chanoinesse, des Chantres et du Chapitre. On a donné ces noms à trois rues qui sont dans le cloître Notre-Dame. La rue du Chapitre a reçu depuis peu le nom de rue Massillon.

Rue Saint-Christophe. Elle commence au coin de la rue de la Juiverie et du Marché-Palu, et aboutit au Parvis. Elle doit son nom à l'église qui existoit en cet endroit. Dans les anciens titres elle est indiquée sous celui de la Regraterie[625]. Guillot l'appelle grant rue Saint-Christophe pour la distinguer d'une ruelle qui portoit le même nom et qui n'existe plus. Cette ruelle, désignée depuis sous le nom de rue de la Huchette, fut comprise dans le Parvis Notre-Dame.

Dans la rue Saint-Christophe est un cul-de-sac qui porte le nom de cul-de-sac de Jérusalem.